Lawrence Gonzi.
Alfred Sant.
La lutte s'annonce serrée samedi lors des élections législatives à Malte, le plus petit pays de l'Union européenne, entre le Premier ministre sortant Lawrence Gonzi, dont le parti est au pouvoir depuis 20 ans, et son adversaire travailliste Alfred Sant.
Tout se joue toujours à quelques milliers de voix seulement dans cette île de 400.000 habitants. Jeudi soir, plus de la moitié de la population et pratiquement la totalité des 250.000 électeurs étaient dans la rue pour participer aux meetings organisés par les deux grands rivaux pour clore cinq semaines d'une campagne acharnée et passionnée.
Meetings
"C'est toujours comme ça à Malte. Ce n'est pas que de la politique, ça fait partie de notre culture", s'écriait Micole Borg, un jeune agent d'assurance, dans les roulements de tambours et les applaudissements des 100.000 personnes rassemblées pour soutenir le parti nationaliste de Lawrence Gonzi sur Granaries Square, dans le centre historique de La Valette. "Ma famille a toujours été nationaliste et je le serai toujours", proclamait-il.
A quelques kilomètres de là, au stade de football de Luxol, dans le quartier touristique de Pembroke, la foule était tout aussi nombreuse pour acclamer Alfred Sant et le parti travailliste (Labour). Selon les derniers sondages, il manque encore une poignée de votes au Labour pour battre Lawrence Gonzi et tout est bon pour convaincre les 11% d'électeurs encore indécis.
Jusqu'au bout
La participation électorale est toujours très élevée à Malte depuis l'indépendance de la Grande-Bretagne en 1964 et dépasse habituellement les 95%. Pour se faire réélire, M. Gonzi, qui a présidé à l'entrée de Malte dans l'UE en 2004 et introduit l'euro dans l'île, se flatte d'avoir réduit la dette publique et ramené le déficit de 10 à 1,6% du PIB entre 2004 et 2007.
Le chômage se situe aux environs de 4% de la population active, l'un des taux les plus bas de l'Union européenne. M. Sant, longtemps critiqué pour avoir combattu l'entrée de Malte dans l'UE, affirme que le parti travailliste est désormais totalement acquis à l'Europe et qu'il entend faire de la participation du pays à l'Union "un vrai succès".
Dans l'île presque parfaitement divisée en deux, ce sont deux minuscules formations (les verts de l'Alternative démocratique et le lobby des chasseurs) qui risquent de faire pencher la balance. "L'ironie c'est que c'est une toute petite minorité silencieuse qui va décider de l'issue des élections", soupirait jeudi soir Reno Bujega, un journaliste de la télévision maltaise. Les premiers résultats devraient être connus à partir de dimanche en milieu de journée.


