L'Espagne vote dimanche sous le choc d'un assassinat politique

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Par: rédaction
8/03/08 - 19h44

L'Espagne s'apprêtait à voter dimanche sous le choc de l'assassinat d'un ex-élu socialiste au Pays Basque attribué à l'ETA, qui a dynamité la fin de la campagne des élections législatives endeuillée comme il y a quatre ans par le terrorisme.

En 2004 les législatives avaient été remportées à la surprise générale par le candidat socialiste José Luis Rodriguez Zapatero, donné aujourd'hui légèrement favori, après la tragédie des attentats islamistes de Madrid (191 morts) qui avaient précédé de trois jours le scrutin. "Comme il y a quatre ans, le rendez-vous aux urnes est souillé par un acte de terrorisme, cette fois de la main d'un lâche pistolero de l'ETA", a commenté le quotidien El Pais (centre gauche). Cet assassinat non revendiqué, mais attribué par tous à l'organisation indépendantiste basque ETA, tant il en porte la marque de fabrique, a provoqué un élan unanime d'indignation de la classe politique.

Des manifestations silencieuses ont eu lieu samedi devant de nombreuses mairies du Pays Basque et ailleurs en Espagne, comme à Murcie ou Valence (sud-est). Mais tous les regards étaient tournés vers la petite ville basque de Mondragon, où Isaias Carrasco a été abattu la veille de plusieurs balles dans le dos en sortant de son domicile. La voix mêlée de tristesse et de révolte, sa fille aînée, Sandra Carrasco, y a appelé les Espagnols lors d'un rassemblement de protestation devant l'hôtel de ville à répondre à "l'assassinat de (son) père" en allant voter massivement, "Ceux qui veulent se solidariser avec mon père et notre douleur doivent voter dimanche pour dire aux assassins que nous allons les vaincre. Moi, ma famille, ma mère, nous irons voter, et c'est ce que je vous demande, que tout le monde vote", a-t-elle lancé.

A quelques heures des funérailles d'Isaias Carrasco, prévues vers 17H00 à Mondragon, elle a ajouté que sa famille ne tolèrerait aucune "manipulation" politique de l'assassinat de son père. Surmontant en apparence leurs profondes divisions sur la lutte antiterroriste, le Parti socialiste (PSOE) de M. Zapatero et le Parti populaire (PP, droite) de son rival Mariano Rajoy, ont également appelé les électeurs à répondre à l'ETA en se rendant aux urnes. Mais cette unité de façade a rapidement révélé sa fragilité vendredi soir, à l'intérieur de la chapelle ardente, quand le dirigeant socialiste basque Patxi Lopez a demandé lors d'un échange tendu à M. Rajoy de cesser de dire que les socialistes avaient "trahi les victimes" du terrorisme en négociant en 2006 avec l'ETA.

Il faisait allusion aux attaques de la droite qui s'était radicalement opposée à ce "dialogue de paix", selon les journaux ABC et El Mundo (droite). M. Rajoy aurait ensuite été empêché de s'approcher du cercueil et de parler aux membres de la famille du défunt, selon la presse. Tenue pour responsable de la mort de 822 personnes en 40 ans, l'organisation armée avait appelé il y a quelques jours au "boycottage" des élections, en réponse à "l'oppression" exercée par l'Etat espagnol, qui l'a considérablement affaiblie depuis la fin de la trêve, en juin dernier. L'assassinat de l'ancien élu basque ne devrait pas modifier profondément le choix des électeurs, selon des experts interrogés par l'AFP.

Les derniers sondages officiels prédisaient une victoire à la majorité relative des socialistes de M. Zapatero, candidat à un second mandat de quatre ans à la présidence du gouvernement, sur les conservateurs de M. Rajoy, avec une avance d'environ 4 points. (afp)

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