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La suprématie du gouvernement malaisien semble rognée

La coalition gouvernementale au pouvoir en Malaisie, qui jouissait jusqu'à présent d'une suprématie écrasante au parlement, semble avoir subi un recul aux élections générales de samedi, perdant notamment des Etats au profit de l'opposition.

La coalition gouvernementale est quasiment sûre d'être reconduite au parlement de Kuala Lumpur, mais d'après les premiers résultats, elle semble voir sa prééminence rognée au profit de l'opposition. Le scrutin qui s'est déroulé sur fond de tensions ethniques et de fort mécontentement social, a été convoqué après la dissolution du parlement le 13 février à l'initiative du Premier ministre Abdullah Ahmad Badawi. Le dirigeant de l'opposition Anwar Ibrahim a affirmé que, selon des premiers résultats, le gouvernement pourrait avoir perdu la majorité des deux tiers des sièges qu'il détient au parlement.

L'opposition a franchi le seuil d'un tiers des sièges, a déclaré à l'AFP l'ancien vice-Premier ministre de Malaisie, dont le parti Keadilan a formé une alliance électorale avec deux autres formations. "Nous progressons très rapidement vers 40% des voix", a affirmé Anwar Ibrahim en se basant sur "des informations fournies par des candidats à partir des premiers décomptes" des bulletins de vote. Si ces tendances se confirment, les résultats de la coalition sortante seraient les pires depuis 1969, lorsqu'elle avait perdu la majorité des deux tiers qu'elle détenait au parlement.

Sept heures après la clôture du scrutin, la commission électorale a annoncé les résultats pour près de la moitié des sièges, sur les 222 que comptera le nouveau parlement: 77 ont été remportés par la coalition au pouvoir, le Barisan Nasional (BN, Front national), dont la principale composante est l'Organisation nationale pour l'unité malaise (UMNO) d'Abdullah Ahmad Badawi. Le Parti islamique pan-malaisien (PAS, opposition) a obtenu six sièges, le Parti d'action démocratique (DAP, opposition) sept et le Keadilan 7 également. En 2004, la coalition avait ravi plus de 90% des sièges du parlement.

L'opposition a revendiqué la victoire à l'assemblée de l'Etat de Penang, où le DAP a affirmé vouloir former une coalition de gouvernement avec le Keadilan. Les islamistes du PAS ont affirmé avoir gagné dans l'Etat de Kedah (nord) et annoncé qu'ils gouverneraient celui de Selangor (centre) dans une coalition. Le PAS a également affirmé avoir gardé l'Etat de Kelantan, le seul qui n'était pas contrôlé par la coalition au pouvoir. Ce parti accuse le Premier ministre et ses alliés d'avoir fait affréter des véhicules pour convoyer de "faux électeurs".

La Fédération de Malaisie, qui a fêté en août les 50 ans de son indépendance de la Grande-Bretagne, est en proie à des tensions ethniques croissantes entre Malais (60%), Chinois (25%) et Indiens (8%). Dans le domaine social, le gouvernement est la cible d'un mécontentement général lié à une flambée des prix et une hausse de la criminalité. Le 10 novembre 2007, une manifestation a réuni quelque 30.000 personnes, la plus importante depuis le mouvement lancé en 1998 après le limogeage d'Anwar Ibrahim, alors numéro deux du gouvernement.

M. Ibrahim a été renvoyé en septembre 1998 puis condamné pour corruption et actes de sodomie. Il s'est dit victime d'une machination politique pour l'empêcher de s'opposer au Premier ministre Mahathir Mohammad, avec qui il était en désaccord. Il a été libéré en septembre 2004 après que la justice eut annulé sa condamnation. Inéligible jusqu'en avril, il a toutefois mené la campagne du parti Keadilan, présidé par sa femme. Celle-ci a annoncé que si elle était élue, elle se retirerait au bénéfice de son époux. (afp/7sur7)

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