L'Europe espère la victoire des forces pro-européennes en Serbie

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Par: rédaction
10/03/08 - 11h58

L'Union européenne espère une victoire des forces pro-européennes aux élections législatives serbes anticipées, a déclaré lundi le ministre slovène des Affaires étrangères Dimitrij Rupel, dont le pays assure la présidence de l'Union européenne.

"Avec les élections, nous espérons que les forces européennes gagneront", a déclaré le ministre à son arrivée à une réunion avec ses homologues européens à Bruxelles. "Franchement, je ne pense pas qu'il y ait d'autre possibilité pour la Serbie que l'UE. Où pourrait-elle aller d'autre?", a-t-il continué. Il a assuré avoir vu des "signes encourageants" de cette possible victoire, comme "des manifestations d'étudiants, d'intellectuels, des résultats de sondages".

Avenir en jeu
Le Haut représentant de l'UE pour la politique étrangère, Javier Solana, a lui aussi espéré une victoire des forces soutenant l'intégration européenne de la Serbie. "J'espère vraiment que (les Serbes) continueront à pousser pour une relation profonde et solide avec l'UE", a-t-il indiqué, soulignant que ces élections étaient "une bonne opportunité pour le peuple serbe de choisir leur avenir".

"Je ne vois pas d'autre possibilité pour la Serbie que d'être dans l'Europe", a-t-il ajouté. Le chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt a lui aussi appelé les Serbes à "choisir un chemin européen plus fermement qu'ils ne l'ont fait jusqu'ici", tout en reconnaissant que ces élections étaient "risquées, mais c'est la nature de la démocratie". Le président pro-européen Boris Tadic avait remporté la présidentielle du 3 février d'une courte tête, avec 50,3% des suffrages, contre 47,9% au candidat ultranationaliste pro-russe Tomislav Nikolic.

Signaux positifs
Le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères Jean Asselborn a lui aussi appelé clairement à "renforcer M. Tadic". Tout en soulignant que l'UE ne devait pas s'"immiscer dans ce qui se passe en Serbie", il a estimé qu'elle devait "envoyer des signaux positifs" pour montrer que "l'UE peut travailler avec la Serbie sur une base constructive".

Pour encourager les forces européennes juste avant la présidentielle, les 27 avaient proposé à Belgrade la signature d'un accord politique, faute de pouvoir surmonter le veto néerlandais à la signature d'un véritable accord de rapprochement avec l'UE. "J'espère que ce qu'on leur a proposé pourra devenir réalité et qu'on pourra à nouveau travailler ensemble", a ajouté M. Asselborn.

L'indépendance du Kosovo, proclamée le mois dernier, a provoqué une grave crise politique en Serbie. Le Premier ministre nationaliste Vojislav Kostunica, estimant ne plus pouvoir diriger dans ces conditions le pays avec le camp pro-européen du président Boris Tadic, réélu en février, a dissous samedi le gouvernement et provoqué la convocation d'élections législatives anticipées.

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