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Les premiers éléments de la mission de l'UE sont partis

Les premiers éléments de la mission européenne chargée d'accompagner l'indépendance du Kosovo sont à Pristina depuis la semaine dernière, mais la suite du déploiement nécessite une "coordination" avec l'ONU, a indiqué lundi le chef de la mission Yves de Kermabon.

"Le déploiement est commencé, les premiers éléments sont partis la semaine dernière", a-t-il déclaré. Ces premiers éléments consistent en une vingtaine de cadres chargés de coordonner le reste du déploiement, a-t-il précisé, rappelant que plusieurs vagues seraient nécessaires avant que la mission de police et de justice Eulex puisse être opérationnelle, en principe mi-juin.

Obstacles
L'ancien commandant des forces de l'Otan au Kosovo a reconnu qu'il existait des "rumeurs" d'obstacles au déploiement de la mission, qu'il a démenties. Certains médias serbes, notamment la radio B92, ont assuré que le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon avait envoyé une lettre à l'UE soulignant l'opposition de certains membres du Conseil de sécurité - à commencer par la Russie - au déploiement de la mission, qui n'a pas de mandat de l'ONU.

M. Kermabon a indiqué qu'il était lundi à New York pour "voir comment, en liaison avec l'ONU, on peut établir les préparatifs". "Il y a un besoin de coordination", a-t-il ajouté. "Ban Ki-moon a fait tout ce qu'il pouvait, il a soutenu implicitement l'UE", a continué une source diplomatique européenne, rejetant également les rumeurs de blocage. "Je n'ai pas connaissance d'une lettre ni de difficultés de cet ordre", a-t-elle insisté, reconnaissant malgré tout certaines difficultés sur le terrain.

"La mission doit se déployer comme envisagée, en accord avec les Serbes. Nous avons besoin de plus de flexibilité des Serbes, c'est une mission qui est dans leur intérêt", a ainsi souligné M. Kermabon. "On va essayer de franchir les obstacles en parlant avec les Serbes. C'est important en terme de protection des sites et des personnes", a-t-il ajouté.

Relais de l'ONU
Quelque 1.900 policiers, juristes et douaniers européens doivent partir au Kosovo et être dispatchés dans tous les commissariats et tribunaux du territoire, y compris dans les localités à majorité serbe au nord. Ils doivent prendre, avec un bureau civil international, le relais de la mission de l'ONU qui administre le Kosovo depuis 1999.

Après la déclaration d'indépendance du Kosovo le 17 février, l'UE avait retiré une partie de son personnel dans le nord en raison de réactions violentes de la minorité serbe du Kosovo. Le représentant spécial de l'UE au Kosovo et Haut représentant civil international Peter Feith avait également annoncé le lancement d'une campagne d'explication de la mission européenne, qui "ne doit pas être vue comme une menace mais comme une contribution positive au bénéfice de toutes les communautés".

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