Majorité et opposition ont sonné lundi la mobilisation générale pour le second tour des municipales et commencé à courtiser les électeurs du MoDem à l'issue du premier tour, dont la gauche est sortie gagnante sans toutefois infliger une cinglante défaite à la droite.
Devedjian "pour une négociation globale"
Au plan national, où ce scrutin avait valeur de premier test dix mois après l'élection à la présidence de Nicolas Sarkozy, les listes de gauche obtiennent plus de 47% des voix, contre 45% à celles de la droite. La presse était unanime lundi matin pour reconnaître une poussée de la gauche, mais pas un "raz-de-marée". Pour le politologue Philippe Braud, interrogé par l'AFP, il s'agit davantage d'un "vote semonce" que d'un "vote sanction" dans le cadre de "municipales finalement assez classiques" défavorables au pouvoir en place et avec une "prime aux sortants".
Alors que les listes pour le second tour doivent être déposées avant mardi 18H00, les tractations allaient bon train, notamment avec le centre. Dès lundi matin, l'UMP a lancé ouvertement des appels au MoDem, en position d'arbitre dans de nombreuses villes. Le secrétaire d'Etat Roger Karoutchi a exhorté à "une forte mobilisation des électeurs de la droite et du centre". Patrick Devedjian et Jean-Pierre Raffarin se sont dit prêts à engager "une négociation globale" avec cet "allié naturel" du parti présidentiel en mettant dans la balance un soutien à François Bayrou à Pau pour le second tour.
Bayrou ne donnera "pas de consigne générale"
Alain Juppé n'hésitera pas quant à lui à "aider" M. Bayrou. "Dans beaucoup de cas, les adversaires socialistes du maire sortant ne peuvent espérer leur élection qu'avec le soutien des électeurs du MoDem", explique Philippe Braud, mais cette nécessité politique n'est pas sans créer de l'"embarras" à gauche. Alors que François Hollande a clairement indiqué que le PS "n'était pas dans une stratégie d'alliance", Ségolène Royal a appelé dès dimanche soir à des alliances "partout" avec le parti de M. Bayrou. Mais le leader centriste ne l'entend pas de cette oreille, annonçant qu'il ne donnerait "pas de consigne générale".
Faute de réponse favorable, Mme Royal a dénoncé lundi le "grand écart" de M. Bayrou entre ses critiques contre le pouvoir en place et ses ambitions électorales. A Paris, Marielle de Sarnez attend "un signal de Bertrand Delanoë", arrivé largement en tête, pour un partenariat de second tour. Ce dernier n'avait lundi à la mi-journée fait aucun geste en ce sens, alors que les négociations PS/Verts ont repris dans la capitale après une nuit sans accord. Plus généralement, à gauche, l'ex-candidate PS à l'Elysée a évoqué un "vote sanction" pour le pouvoir qui doit "s'amplifier au deuxième tour".
Sarkozy silencieux jusque mardi
Le premier secrétaire François Hollande préfère, lui, attendre le second tour avant de parler de "sanction". A droite, le secrétaire général de l'UMP Devedjian a invité les électeurs à ne pas se "décourager" après cette "petite défaite". Après un 1er tour, selon lui, "indécis, mais plus équilibré qu'annoncé", le Premier ministre François Fillon a appelé à la mobilisation pour un second tour "plus que jamais entre les mains des électeurs". Silencieux après le premier tour, Nicolas Sarkozy aura l'occasion d'évoquer le scrutin mardi lors d'un déplacement à Toulon.
Au PCF, qui tire son épingle du jeu notamment en région parisienne, Marie-George Buffet a estimé que son parti avait "la possibilité de reconquérir beaucoup d'autres" mairies dimanche. Le Front national confirme sa perte d'influence électorale. Les Verts voient dans la bonne tenue de leurs listes autonomes "une petite renaissance". Alors qu'à Strasbourg la gauche devrait ravir la mairie à la droite dimanche, la situation est plus incertaine à Marseille et Toulouse, deux villes à forte valeur symbolique. (afp)


