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Le MoDem de Bayrou au centre du jeu

Le Mouvement démocrate (MoDem) s'est retrouvé au coeur de toutes les stratégies d'alliance au lendemain du premier tour des municipales en France, nouant un accord avec le candidat PS à Marseille, mais se voyant opposer à Paris une fin de non recevoir.

En début de soirée, coup de théâtre: la fusion de listes de la formation de François Bayrou et de celles du candidat socialiste Jean-Noël Guérini était annoncée à Marseille. Avec la possilité pour le MoDem (5,54%) de faire la différence dans certains des huit secteurs de la ville.

Juste avant, à Paris, le socialiste Bertrand Delanoë avait repoussé le "partenariat" que les centristes avaient imaginé. Marielle de Sarnez, chef de file du MoDem dans la capitale, a répliqué en annonçant le maintien de ses trois listes ayant dépassé 10% au premier tour (V, VII et XIVèmes arrondissements). Elle a regretté un "geste de fermeture" du maire PS sortant qui, a annoncé vouloir bâtir "un partenariat original" avec le MoDem, mais seulement après le deuxième tour des municipales, une fois élu le Conseil de Paris. Il a ainsi écarté une fusion des listes qui, en raison du mode de scrutin, aurait permis au MoDem d'obtenir davantage d'élus qu'en se présentant seul.

Au niveau national, le MoDem était en position de se maintenir en triangulaires dans 37 villes de plus de 30.000 habitants. Il a réalisé dans de nombreuses autres communes des scores supérieurs à 5% lui permettant de fusionner. Il jouera donc souvent un rôle d'arbitre.

L'UMP a également courtisé les centristes: alors que François Bayrou doit faire face à une triangulaire à risques à Pau, seule ville que le MoDem espère conquérir, les responsables de l'UMP, jusqu'au Premier ministre François Fillon, n'ont pas hésité à lui proposer "une négociation globale" en échange de leur soutien dans la capitale du Béarn. Proposition que le député a repoussée: "je n'ai pas l'intention de renoncer à ce que je crois pour participer à des manoeuvres électorales", a-t-il déclaré. L'UMP cherche, dit-il, à faire renoncer le MoDem à sa "ligne d'indépendance". "Nous examinons la situation ville par ville, avec la volonté, lorsque des partenariats sont possibles, de les mettre en oeuvre, à condition de ne pas renier nos convictions et nos valeurs", lance M. Bayrou. Partout, la réflexion sera menée dans une logique de "partenariat et pas de ralliement".

Parmi les premiers accords annoncés lundi figurent Metz, où l'UMP et le MoDem ont annoncé leur fusion, tandis qu'à Chartres, le MoDem devrait fusionner avec le PS. A Blois, où le sortant Nouveau Centre (ex-bayrouiste) Nicolas Perruchot est menacé, le candidat MoDem, arrivé troisième, a en revanche décidé de se "retirer" sans donner "de consigne de vote".

Laminé aux législatives de juin 2007 avec seulement trois députés dont François Bayrou, le parti centriste compte sur les scrutins municipaux et cantonaux pour commencer à reconstituer un réseau d'élus locaux, sur lesquels le "troisième homme" de la présidentielle (18,57% des voix) pourra s'appuyer pour préparer 2012. (afp)

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