Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, pourrait être rattrapé par son passé très proaméricain de Premier ministre portugais, entre 2002 et 2004. Sa compatriote et eurodéputée socialiste Ana Maria Gomes l'a interpellé sur sa complicité éventuelle avec la CIA, écrit jeudi le quotidien Le Soir.
Entre 2002 et 2006, quelque 700 prisonniers de la CIA et de l'armée américaine sont passés par l'espace aérien ou les aéroports portugais en route vers Guantanamo. Ana Maria Gomes s'interroge sur ce que savait M. Barroso de ces transits et s'il les a autorisés. "J'ai demandé à M. Barroso, puisqu'il demandait la transparence des gouvernements européens sur la question, d'être transparent lui-même", a déclaré l'eurodéputée au quotidien Le Soir.
"Je lui ai demandé de rendre public l'avis légal que son cabinet avait sollicité auprès d'un juriste portugais sur le passage dans les eaux portugaises de navires impliqués dans le transfert illégal de prisonniers suspects de terrorisme et soustraits à la justice. Ces navires sont plusieurs fois passés dans les eaux portugaises. J'attends sa réponse", a-t-elle poursuivi.
Selon le porte-parole de la Commission européenne, "le président Barroso n'est pas au courant que quelque chose d'illégal se soit passé alors qu'il était Premier ministre et il n'a, en tous cas, jamais autorisé quelque chose d'illégal". Ana Maria Gomes a également évoqué d'autres "casseroles", qui ont fait ou font l'objet de procédures judiciaires au Portugal. Les "sorties" de l'eurodéputée tombent assez mal pour José Manuel Barroso qui espère être reconduit à la tête de la Commission européenne en 2009. (belga)


