Nord-Coréens et Américains tentent de sortir de l'impasse
Négociateurs américains et nord-coréens ont débuté des pourparlers jeudi à Genève pour relancer le processus de dénucléarisation de la Corée du Nord, six mois après un accord avorté signé dans la ville suisse.
Le négociateur américain Christopher Hill reçoit à la mission des Etats-Unis à Genève son homologue nord-coréen Kim Kye-Gwan, où une conférence de presse est prévue en fin d'après-midi. "Espérons que cette rencontre fera avancer le processus", a commenté mardi le porte-parole du département d'Etat américain Sean McCormack.
Déclaration complète"Ce qui est exigé (de la Corée du Nord) c'est une déclaration complète" de ses programmes nucléaires, a-t-il ajouté. En septembre 2007, les deux parties s'étaient mises d'accord à Genève sur la présentation par Pyongyang d'une liste complète de tous ses programmes nucléaires et leur démantèlement d'ici à la fin de l'année dernière.
Ces discussions s'intégraient dans des pourparlers multilatéraux à Six (Corée du Nord, Corée du Sud, Chine, Japon, Etats-Unis, Russie) débutés en 2003 et qui avaient abouti en février 2007 à l'engagement de Pyongyang de désactiver puis démanteler ses installations atomiques contre une aide d'un million de tonnes équivalent-pétrole.
Promesses manquéesSelon les Etats-Unis, la Corée du Nord a failli à ses promesses en présentant une déclaration incomplète de ses programmes nucléaires. Dans la déclaration initiale présentée en novembre par Pyongyang, le régime communiste ne mentionnait pas la vente par la Corée du Nord d'équipements sensibles à la Syrie. Or l'aviation israélienne avait bombardé un site syrien en septembre 2007, après que les services de renseignement israélien et américain eurent conclu qu'il abritait un réacteur nucléaire partiellement construit, ce qui avait été nié par les Syriens. La Corée du Nord déplore pour sa part ne pas avoir reçu la totalité de l'aide énergétique promise dans le cadre de l'accord à Six.
Essai nucléaireLe pays, qui a procédé à un essai nucléaire le 9 octobre 2006, exige également d'être retiré de la liste américaine des pays soutenant le terrorisme, ce qui lui donnerait accès à des prêts d'organisations financières comme la Banque mondiale. En outre Washington soupçonne la Corée du Nord de poursuivre secrètement, en sus de son programme à base de plutonium, un programme d'uranium hautement enrichi, ce que dément le régime communiste.
Le général B. B. Bell, commandant des forces américaines en Corée du Sud, a affirmé mardi devant la commission des Forces armées du Sénat que Pyongyang possédait suffisamment de plutonium pour fabriquer "plusieurs armes nucléaires". Au début du mois, le délégué américain auprès de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à Vienne, Gregory Schulte, a conclu que "en dépit d'important progrès", "il reste beaucoup à faire pour une dénucléarisation vérifiable" de la Corée du Nord.
Le représentant a souligné que l'AIEA, qui supervise la fermeture des installations de Yongbyon et Taechon "joue un rôle important à tous les stades de la mise en oeuvre de la dénucléarisation de la Corée du Nord. (afp/7sur7)