En visite au Brésil, Condoleezza Rice a déclaré vouloir agir en conséquence d'éventuels liens entre le Venezuela et les Farc.
Les Etats-Unis examinent les liens entre le Venezuela dirigé par Hugo Chavez et la guérilla colombienne des Farc et agiront "en conséquence", a affirmé jeudi à Brasilia la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice.
Mme Rice est arrivée jeudi matin dans la capitale brésilienne pour une visite de quelques heures au cours de laquelle elle a rencontré le président Luiz Inacio Lula da Silva et son homologue Celso Amorim. Ces entretiens ont porté en particulier sur la récente crise ayant opposé l'Equateur et son allié vénézuélien à la Colombie, meilleur allié de Washington dans la région. "Nous allons examiner la situation et les Etats-Unis agiront en conséquence", a-t-elle dit lors d'une conférence de presse au côté de M. Amorim. Elle a souligné que les pays de la région devaient faire des efforts pour éviter que les "terroristes" ne passent librement les frontières, en soulignant qu'il s'agit d'une obligation envers l'ONU.
"Nous devons être attentifs à la sécurité et au bien-être des pays de la région qui ont été l'objet d'attaques terroristes, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur de leurs frontières", a déclaré la secrétaire d'Etat en appelant à renforcer la coopération "pour que les terroristes ne menacent pas des civils innocents". "C'est une obligation envers l'ONU (...) et nous espérons que ces Etats responsables respecteront leurs engagements", a-t-elle ajouté. Mais elle a refusé de dire si le Venezuela pouvait être ajouté à la liste des Etats parrainant le terrorisme, en dépit de la vive attaque mercredi du président George W. Bush contre Caracas qu'il a accusé de soutenir des "terroristes".
L'Equateur et le Venezuela ont été au bord de la confrontation avec la Colombie, après une incursion le 1er mars de l'armée colombienne en territoire équatorien au cours de laquelle un dirigeant des Forces armées révolutionnaires colombiennes (Farc) a été tué. Le gouvernement colombien a affirmé avoir saisi un ordinateur lors de cette opération montrant que le président vénézuélien Hugo Chavez avait donné 300 millions de dollars aux Farc, une organisation considérée comme terroriste par les Etats-Unis et l'Union européenne.
Quito et Caracas avaient envoyé des troupes à leurs frontières avec la Colombie, une crise qui n'a été résolue que le week-end dernier à la suite d'une médiation menée par le Brésil et plusieurs pays sud-américains. La crise a amené le Brésil à promouvoir son idée de créer un Conseil de défense régionale afin de désamorcer d'éventuels futurs conflits. La secrétaire d'Etat a déclaré ne pas être opposée à cette idée. "Je n'ai pas de problèmes avec cela, nous savons que le Brésil saura le diriger", a-t-elle dit.
Mme Rice a aussi discuté avec les dirigeants brésiliens du commerce, du changement climatique, de la réforme du Conseil de sécurité de l'ONU et de la production de biocarburants aux Etats-Unis et au Brésil, a indiqué le ministère brésilien des Affaires étrangères. Les deux pays ont également signé un plan d'action commun contre la discrimination raciale. Condoleezza Rice devait ensuite se rendre à Bahia, sur la côte nord-est du Brésil et haut-lieu de la culture afro-brésilienne. Vendredi, elle quittera le Brésil pour le Chili où elle devrait s'entretenir avec la présidente Michelle Bachelet. (belga)


