Des Serbes prennent le contrôle de tribunaux de l'ONU au Kosovo
Quelque 300 manifestants Serbes ont pris le contrôle vendredi matin de deux tribunaux de l'ONU dans le nord du Kosovo peuplé majoritairement de Serbes, a indiqué la police kosovare.
Les Serbes vivant dans la partie nord de la ville ethniquement divisée de Kosovska Mitrovica ont "démoli les portes et sont entrés dans les bâtiments des tribunaux municipal et régional" gérés par l'ONU, a indiqué la police. Les manifestants ont remplacé les drapeaux de l'ONU déployés sur les tribunaux par des drapeaux serbes.
Autorité serbe"Les unités spéciales de la police de l'ONU ont fait leur maximum pour empêcher les manifestants" d'investir les lieux, a précisé la police. Les manifestants réclament que ces tribunaux soient placés sous l'autorité de l'Etat serbe qui ne reconnaît pas l'indépendance du Kosovo proclamée le 17 février.
"Nous demandons de négocier avec la Mission de l'ONU (MINUK) sur la réouverture des tribunaux" (sous la responsabilité de la justice serbe), a indiqué un représentant des manifestants, Milorad Bigovic. Environ 40.000 Serbes, sur les quelque 120.000 qui vivent encore au Kosovo, se trouvent dans le nord du Kosovo adossé à la Serbie.
InacceptableLa Minuk a condamné l'incident et indiqué que "ceux qui avaient eu recours à la violence" dans le nord de Mitrovica avaient "franchi une des lignes rouges de la Minuk". "Ceci est complètement inacceptable. J'ai ordonné à la police de la MINUK de rétablir l'ordre (...) et de replacer les bâtiments des tribunaux sous le contrôle de l'ONU", a déclaré à Pristina, le chef de la MINIK, Joachim Rücker.
Les leaders albanais du Kosovo ont également condamné l'attaque. Le président kosovar Fatmir Sejdiu et le Premier ministre Hashim Thaçi, qui se sont réunis à Pristina à propos de cet incident, ont demandé à la Minuk et à la force de l'OTAN au Kosovo (KFOR) "d'agir immédiatement et de faire sortir les hooligans des bâtiments (des tribunaux), ainsi que d'y assurer une protection permanente".
Présence serbeL'indépendance du Kosovo, proclamée unilatéralement à Pristina le 17 février a rapidement été reconnue par Washington et les principaux pays de l'Union européenne. La Serbie, soutenue par la Russie, rejette cette proclamation la qualifiant d'illégale.
Depuis la proclamation de l'indépendance, Belgrade tente de renforcer sa présence dans le nord du Kosovo où les Serbes sont majoritaires afin d'encourager ses compatriotes à continuer de s'opposer à l'indépendance de ce territoire. Deux postes frontières entre le Kosovo et la Serbie ont été saccagés deux jours après la proclamation de l'indépendance.
BoycottLes Serbes du nord du Kosovo ont pris début mars le contrôle d'un chemin de fer dans le nord pour manifester leur refus de reconnaître le nouvel Etat kosovar que le chef de l'Eglise orthodoxe au Kosovo a également appelé à boycotter. Plusieurs centaines de policiers serbes, principalement dans les enclaves serbes situées dans le centre et l'est du Kosovo, ont abandonné les rangs de la police du Kosovo (KPS) refusant de se placer sous le commandement d'une institution d'un Etat qu'ils ne reconnaissent pas.
L'occupation des bâtiments des tribunaux à Mitrovica est intervenue alors que le secrétaire général de l'Otan Jaap de Hoop Scheffer, était attendu au Kosovo au cours de la journée. Le programme de M. de Hoop Scheffer prévoit notamment une visite dans le nord du Kosovo.