Les otages autrichiens d'Al-Qaida localisés au Mali

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Par: rédaction
15/03/08 - 17h30

Les deux otages autrichiens d'Al-Qaïda au Maghreb se trouvent actuellement au Mali, où leurs ravisseurs exigent toujours la libération d'islamistes détenus en Tunisie et en Algérie en fixant un ultimatum qui expire dimanche, a affirmé ce samedi un journal algérien.

"Les ravisseurs sont installés depuis le début de la semaine dans une zone à 150 km de Kidal (nord du Mali), où se trouve le QG du chef de la zone Sahara Sahel d'Al-Qaïda au Maghreb Islamique, Yahyia Abou Ammar", indique le site internet du journal Annahar, citant des "sources sûres".

Al-Qaïda a donné jusqu'à dimanche minuit aux autorités autrichiennes pour répondre à leurs exigences. Officiellement, Vienne refuse toute négociation, le chancelier Alfred Gusenbauer ayant exigé vendredi "la libération immédiate et sans condition des otages".

Burkhard Vouk, le chef de la police anti-terroriste de Salzbourg d'où sont originaires les otages, avait néanmoins précisé vendredi que des "contacts avaient été établis" avec les ravisseurs. Selon Annahar, un émissaire du gouvernement autrichien est arrivé à Bamako où il aurait entamé des négociations avec les ravisseurs" de Andrea Kloiber, 44 ans, et Wolfgang Ebner, 51 ans, enlevés le 22 février en Tunisie.

Les ravisseurs demandent la libération de cinq islamistes algériens, dont Amar Saïfi, dit "El Para", selon Annahar. Le journal algérien Al Khabar (indépendant), précise pour sa part qu'"ils réclament la libération de 10 islamistes tunisiens emprisonnés en Tunisie et qui y étaient rentrés en 2006 pour "ouvrir un nouveau front" après avoir suivi un entraînement en Algérie.

La branche d'Al-Qaïda au Maghreb, qui a revendiqué l'enlèvement survenu le 22 février, réclame par ailleurs une rançon dont le montant n'a pas été précisé, selon une source proche de l'état-major de crise autrichien constitué à Vienne.

La zone de Kidal, où les otages ont été transférés semble-t-il depuis une semaine, est contrôlée par les tribus Touareg "barabiche", hostiles au pouvoir central malien et vivant de contrebande. Ils avaient joué un rôle dans la libération des 32 touristes suisses, allemands et néerlandais, enlevés en 2003 au Sahara Algérien par des islamistes du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC rallié à Al-Qaïda en septembre 2006). Quatorze de ces otages avaient été libérés le 18 août 2003 à Kidal après le versement par Berlin d'une rançon de près de 5 millions d'euros, selon des informations jamais confirmées officiellement. Dix-sept avaient été libérés auparavant par l'armée algérienne et une touriste allemande était décédée des suites d'une insolation.

Amar Saïfi, dit "El Para" ("le parachutiste"), dont la libération est réclamée par Al-Qaida, a été arrêté au Tchad et remis à l'Algérie et se trouve depuis en détention dans l'attente d'un procès reporté à plusieurs reprises. Les ravisseurs ont également demandé la libération de Bouderbal Fatah, alias Abdelfattah Abou Bassir, "émir" de la brigade spécialisée dans les attentats-suicides à Alger, arrêté en octobre 2007 à Alger, ainsi que celle de Mossaab Abou Abdallah, un des piliers de son état-major. Donné pour mort dans une opération de l'armée algérienne en avril 2007, il n'aurait été en fait que grièvement blessé et serait aujourd'hui emprisonné en Algérie.

Samedi, les parents des deux otages ont demandé leur libération dans une vidéo transmise aux ravisseurs, a indiqué leur porte-parole à l'agence autrichienne APA. (afp)

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