Rice et Gates à Moscou pour discuter des sujets qui fâchent

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Par: rédaction
17/03/08 - 13h04

La secrétaire d'Etat Condoleezza Rice et le secrétaire à la Défense Robert Gates rencontrent le président russe Vladimir Poutine et son successeur Dmitri Medvedev lundi au Kremlin pour faire le point sur une série de contentieux avant le sommet de l'Otan.

Les deux responsables, arrivés à la mi-journée à Moscou, effectuent cette visite dans un double contexte : la prochaine arrivée au pouvoir de M. Medvedev, dont ils veulent prendre la mesure, et le sommet de l'Otan début avril qui pourrait donner lieu à de vifs échanges avec la Russie. Les violentes émeutes au Tibet pourraient s'ajouter au menu, Mme Rice ayant appelé la Chine à engager le dialogue avec le dalaï lama, dans l'avion la conduisant à Moscou, tandis que Moscou estimait que cela relevait des "affaires intérieures" de la Chine.

M. Gates et Mme Rice seront reçus par M. Medvedev puis M. Poutine au Kremlin dans l'après-midi. Ils rencontreront mardi leurs homologues russes des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et de la Défense Anatoli Serdioukov dans le cadre du format dit "2+2". Mme Rice et M. Gates espèrent rallier Moscou à leurs propositions sur le projet de bouclier antimissile américain en Europe (Pologne et République tchèque) auquel la Russie reste farouchement opposée. Washington affirme pour sa part que ce bouclier est destiné à parer une éventuelle attaque de pays "voyous" comme l'Iran et ne vise absolument pas la Russie.

Cette visite est destinée à "voir si nous pouvons clarifier et développer certaines idées que nous avons mises sur la table lorsque nous étions à Moscou la dernière fois" en octobre 2007, a expliqué vendredi Mme Rice, en ajoutant qu'il n'y aurait pas de nouvelles propositions. Les Etats-Unis avaient alors proposé de "retarder" la mise en service des sites (radar et base de missiles antimissiles) jusqu'à preuve définitive de la menace iranienne et d'y stationner des inspecteurs russes. La Russie s'est montrée jusqu'ici peu convaincue par ces propositions.

Dans l'avion le conduisant à Moscou, M. Gates a estimé que Moscou devait faire un effort pour trouver un accord autour du projet de bouclier. "Nous avons mis beaucoup sur la table, mais le temps est venu pour eux de faire de même", a-t-il dit. "Mme Rice et moi-même espérons faciliter les choses en venant à Moscou, plutôt que de faire venir nos homologues à Washington", a-t-il dit. Si cette visite laisse espérer peu de percées sur les dossiers qui fâchent, notamment le bouclier, elle permettra de prendre la température alors que M. Medvedev doit prendre ses fonctions le 7 mai et de préparer le sommet de l'Otan à Bucarest du 2 au 4 avril, auquel M. Poutine doit participer.

Le président russe dénonce régulièrement l'élargissement de l'Otan et le projet de bouclier américain. En octobre 2007, il avait battu froid Mme Rice et M. Gates lors d'une rencontre similaire à Moscou en menaçant d'abandonner le traité sur les forces nucléaires intermédiaires (FNI), un accord majeur hérité de la Guerre froide, si Washington persistait dans son projet de bouclier. Depuis, la Russie et les Etats-Unis n'ont guère avancé sur ce sujet. Moscou a cessé en outre d'appliquer le traité sur les Forces conventionnelles en Europe (FCE), autre texte clé sur l'équilibre militaire du Vieux Continent.

Soufflant le chaud et le froid, la Russie se montre aussi prête à des compromis avec l'Otan, tout en démentant vouloir les monnayer par un gel de l'expansion de l'Alliance, notamment en Géorgie ou en Ukraine. Un accord, permettant aux pays membres de l'Otan d'utiliser l'espace aérien et le territoire russes pour transférer du matériel vers l'Afghanistan, pourrait ainsi être signé au sommet de Bucarest. La presse russe s'est aussi faite l'écho d'un possible accord entre Moscou et Chisinau sur la Transdniestrie, territoire séparatiste pro-russe en Moldavie. Cette région rejoindrait ainsi le giron de la Moldavie qui, en échange, s'engagerait à ne pas entrer dans l'Otan. L'avenir du Traité de réduction des armes stratégiques (Start), avant son expiration fin 2009, devrait également être discuté. (afp)

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