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Angela Merkel à la Knesset: une première

La chancelière allemande Angela Merkel est arrivée mardi à la Knesset, le parlement israélien, où elle doit prendre la parole, une première pour un chef de gouvernement allemand et un geste hautement symbolique plus de 60 ans après le génocide nazi.

Cet honneur, en général réservé aux chefs d'Etats, a suscité les critiques d'une poignée de députés qui ont surtout dénoncé le fait que le discours serait prononcé en langue allemande dans un pays où est entretenu le souvenir des six millions de victimes de la Shoah. "Ma protestation concerne la décision de permettre qu'un autre discours en langue allemande soit entendu (à la Knesset). Je sais que les derniers sons entendus par mes grands-parents et mes oncles que je n'ai pas connus étaient ceux de la langue allemande", a déclaré le député d'extrême-droite Arieh Eldad, en faisant référence à ses proches disparus lors de la Shoah.

Il entend quitter l'hémicycle de manière démonstrative. Lorsque Johannes Rau, l'ancien président allemand, s'était adressé en allemand au parlement israélien en l'an 2000, plusieurs députés
avaient quitté l'hémicycle en signe de protestation. En 2005, son successeur Horst Köhler, qui avait émaillé son intervention de citations en hébreu, avait eu droit à un accueil plus chaleureux.

Angela Merkel, qui effectue depuis dimanche une visite en Israël dans le cadre des festivités marquant le 60e anniversaire de sa création, a qualifié son invitation à la Knesset de "pas très important dans le développement des relations germano-israéliennes".

Le tapis rouge a été déroulé pour son arrivée au parlement où elle a été accueillie par la présidente de la Chambre, Dalia Yitzik, avec laquelle elle doit déjeuner. Le drapeau allemand a été hissé et les hymnes nationaux des deux pays ont été joués lors d'une brève cérémonie où Mme Merkel a passé en revue un détachement de la garde de la Knesset.

"Au vu de la responsabilité allemande dans la Shoah, le gouvernement allemand souligne sa détermination à construire un avenir commun", avait souligné lundi la chancelière à Yad Vashem, le mémorial de l'Holocauste à Jérusalem. Le Hamas au pouvoir à Gaza a réagi en l'accusant de s'étendre sur la Shoah tout en oubliant "l'holocauste" perpétré, selon le mouvement islamiste, par l'armée israélienne contre les Palestiniens.

Le Hamas a affirmé dans un communiqué que les déclarations de Mme Merkel reflétaient "la décadence morale dans laquelle cette chancelière est tombée en apportant un soutien sans faille à une entité usurpatrice qui commet des massacres contre les enfants, les vieillards et les femmes du peuple palestinien". Ce mouvement et des responsables de l'Autorité palestinienne accusent Israël de perpétrer un "holocauste" dans la bande de Gaza où des dizaines de Palestiniens ont été tués ces dernières semaines dans des attaques israéliennes menées en représailles à des tirs de roquettes.

Avant son intervention devant la Knesset, Angela Merkel s'est entretenue avec le président Shimon Peres à Jérusalem. A cette occasion, le ministère allemand du Développement a proposé 10,2 millions d'euros de crédits pour la création d'un parc industriel
près de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, afin de favoriser un rapprochement entre industriels palestiniens et israéliens.

Le président Peres a également souligné qu'Israël considérait favorablement "l'implication de l'Allemagne dans la région car il
est de la plus haute importance que les pays européens et les Etats-Unis resserrent les rangs afin de présenter un front uni et fort en vue d'empêcher l'Iran de développer l'arme nucléaire". "L'Iran constitue un danger réel pour la paix et l'argent tiré du pétrole sert aux Iraniens à financer le terrorisme mondial, en particulier le terrorisme du Hezbollah (libanais) et du Hamas", a ajouté le président Peres.

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