Deux jours à peine après la sévère défaite de son camp aux municipales, Nicolas Sarkozy a répété mardi à ceux qui lui intimaient d'en tirer les leçons qu'il ne dévierait pas de sa route et qu'il poursuivrait les réformes "nécessaires au pays".
Entre un hommage national aux poilus de la Grande guerre lundi et une visite à la Marine nationale à Cherbourg vendredi, le chef de l'Etat a tenu à garder mardi, lors d'une nouvelle visite au plateau des
Glières, haut-lieu de la Résistance française, le ton "régalien" et la
solennité qu'il a désormais adoptés. Ce n'est donc que très allusivement qu'il a évoqué la situation politique née des scrutins des 9 et 16 mars. Mais en se gardant bien de faire le moindre commentaire sur leur résultat. "Ce n'est pas le lieu de faire un discours politique", a jugé Nicolas Sarkozy lors d'une courte allocution au Petit Bornand devant des élus locaux.
"Il y a tant d'agitation, il faut beaucoup de calme à la place qui est la mienne, il faut beaucoup de sang-froid", a-t-il ajouté. "Ce qui est sûr, c'est que je serai amené à prendre un certain nombre d'initiatives pour continuer les changements qui sont nécessaires à notre pays", a poursuivi le président, alors qu'un léger remaniement du gouvernement était attendu avant le Conseil des ministres de mercredi. "Ce n'est pas une question d'idéologie. Ce n'est pas une question de politique. Ce n'est même pas une question de gauche et de droite, c'est une question de bon sens", a-t-il lancé à ceux qui, à gauche comme dans son propre camp, lui conseillent depuis dimanche soir de changer de cap.
Evoquant "un contexte qui est difficile avec l'augmentation des prix des matières premières, avec la flambée de l'euro, avec le prix du baril de pétrole et avec la crise financière", Nicolas Sarkozy a estimé que "tous ces problèmes, ça devrait nous encourager à faire des changements au lieu de nous encourager à nous recroqueviller". "J'ai été élu pour conduire cette politique et c'est celle que je mènerai", a
martelé le chef de l'Etat. Pour le reste, entre une cérémonie à la
nécropole de la Morette, où sont enterrés 105 des 129 résistants français tombés lors des combats de mars 1944 contre la Wehrmacht, et un moment de recueillement devant le mémorial enneigé des Glières, Nicolas Sarkozy ne s'est pas écarté de sa posture présidentielle.
Exaltation du "devoir de mémoire" et hommage aux maquisards dans les pas de son dernier déplacement de la campagne présidentielle de 2007, dont il a répété son souhait de faire un pèlerinage annuel. "C'est un lieu où j'avais dit que je reviendrais chaque année pour en faire un lieu symbolique de l'identité nationale de la France. Nous nous sommes construits grâce à ces événements", a-t-il déclaré. "C'est un lieu très symbolique parce que ceux qui ont combattu ici venaient de tous les horizons (...) ils se sont rassemblés sans considération des opinions politiques", a relevé le chef de l'Etat.
A l'exception d'un accrochage avec une poignée d'enseignants en
colère, il a également profité d'un accueil chaleureux, bien venu en ces temps de chute dans les sondages et de revers électoraux. "Je voudrais dire à tous ceux qui ont bien voulu tout au long de cette journée me soutenir, me broyer la main (...) que c'est bien sympathique, que pour moi c'est important et qu'à chaque fois que je viens dans votre département, je rentre avec une énergie
renouvelée", a-t-il lâché. (afp)


