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Sofia, Zagreb et Budapest reconnaissent le Kosovo

La Croatie, la Hongrie et la Bulgarie, pays frontaliers de la Serbie, ont annoncé mercredi la reconnaissance du Kosovo, alors que les Balkans sont fragilisés depuis la proclamation le 17 février de l'indépendance de cette province serbe à majorité albanaise.

Le ministre serbe des Affaires étrangères Vuk Jeremic a aussitôt réagi en affirmant que les pays qui reconnaîtront l'indépendance du Kosovo ne pourront "pas compter sur de bonnes relations" avec la Serbie.

Officiel
Budapest a officiellement reconnu le Kosovo à l'issue d'un conseil des ministres, Zagreb va faire de même dans la dans la journée, tandis que Sofia va le faire jeudi. Auparavant, dans une déclaration commune diffusée simultanément dans leurs capitales, les trois pays ont affirmé que l'indépendance du Kosovo a été proclamée "après l'échec de
toutes les tentatives de la communauté internationale pour trouver une solution négociée entre Belgrade et Pristina sur le statut du Kosovo".

L'annonce des trois pays survient dans un contexte d'inquiétude croissante sur la situation dans la région, avec des violences lundi à Kosovska Mitrovica, dans le nord du Kosovo, les plus graves depuis la proclamation le 17 février de l'indépendance du Kosovo.

Délicat
La Croatie, qui a connu une guerre de 1991 à 1995 avec les sécessionnistes serbes appuyés par le régime de Belgrade, après avoir proclamé son indépendance de l'ex-Yougoslavie, semble être dans la position la plus délicate. Les leaders de la communauté serbe, qui représente environ 4,5% des 4,4 millions d'habitants du pays, avaient déjà mis en garde contre une reconnaissance "hâtive" du Kosovo.

Allié au gouvernement conservateur du Premier ministre Ivo Sanader, où il dispose d'un poste de vice-Premier ministre, le principal parti des Serbes de Croatie (SDSS) a menacé par le passé de quitter le cabinet si une telle décision était adoptée. Le leader du SDSS, Milorad Pupovac, qui a rencontré la veille M. Sanader sur ce sujet, a réitéré son opposition mais s'est gardé de préciser quelle mesure son parti allait prendre.

Relations diplomatiques
L'analyste politique croate, Davor Gjenero, estime que Belgrade ne pourrait pas réagir à l'égard de Zagreb comme il l'a fait avec les puissances ayant déjà reconnu l'indépendance du Kosovo. Le Kosovo a été reconnu par une trentaine de pays, dont les Etat-Unis et 16 pays de l'Union européenne et la Serbie a rappelé ses ambassadeurs en poste dans ces Etats.

"En raison de la présence d'une minorité serbe en Croatie, la Serbie ne peut pas détériorer ses relations diplomatiques avec Zagreb, sauf si elle veut revenir à la politique du passé", a déclaré M. Gjenero, en évoquant les guerres ayant déchiré l'ex-Yougoslavie dans les années 1990. La communauté d'affaires en Croatie est toutefois inquiète d'une éventuelle rupture qui pourrait être décidée par Belgrade. En 2007, les échanges économiques entre la Croatie et la Serbie se sont élevés à près d'un milliard d'euros, dont 660 millions d'euros d'exportations de produits croates en Serbie.

Minorités
De son côté, la Hongrie est préoccupée du sort de sa minorité vivant en Serbie. Budapest a averti mercredi qu'il était dans l'intérêt de Belgrade d'assurer la protection de la minorité hongroise forte de 350.000 personnes vivant dans la province autonome de Voïvodine dans le nord de la Serbie face à d'éventuelles agressions de la part des nationalistes.

Comme pour panser les plaies de Belgrade, les trois pays assurent dans leur déclaration commune, soutenir le rapprochement rapide entre la Serbie et l'Union européenne, un processus actuellement gelé. La Bulgarie et la Hongrie sont membres de l'UE, alors que la Croatie mène des négociations d'adhésion.

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