Une conférence de réconciliation en Irak, boycottée par d'importants partis, s'est achevée mercredi sans résultats tangibles, en condamnant le terrorisme et appelant le gouvernement à poursuivre ses efforts pour l'unité nationale.
Cette conférence, ouverte mardi à Bagdad, et boycottée par les principaux partis sunnites et un puissant mouvement chiite, a réuni 400 délégués sunnites, chiites et kurdes, représentants des forces politiques et la société civile. Elle a remis un mémorandum au gouvernement du premier ministre Nouri al-Maliki, un chiite, accusé par ses détracteurs de favoriser ses alliés au sein de cette communauté, majoritaire en Irak et persécutée sous Saddam Hussein.
Exil forcé
"La conférence appelle à l'unité de l'Irak et au maintien de ses principes fondamentaux", indique le texte. "La conférence condamne le terrorisme et l'idéologie de l'extrémisme, et l'exil forcé qui a été imposé à des populations irakiennes", poursuit-il. Plus de quatre millions d'Irakiens sont déplacés dans leur propre pays par les violences confessionnelles, ou exilés dans les pays voisins.
Le principal groupe parlementaire sunnite, le Front de la Concorde, n'a pas participé à cette conférence. Les groupes sunnites se considèrent défavorisés dans la gestion des affaires du pays par un appareil d'Etat dominé par les chiites. Le mouvement du jeune chef radical chiite Moqtada Sadr, une des plus puissantes organisations en Irak, avec une milice de 60.000 combattants, s'est également retiré en accusant le gouvernement de faire de la propagande.
Différends
"Cette conférence est de la propagande pour le gouvernement et ne résout pas les problèmes fondamentaux", a déclaré Nasser al Rubai, chef du bloc du courant Sadr au Parlement. "Le problème en Irak n'est pas entre les factions rivales, mais à l'intérieur des factions
elles-mêmes", a-t-il ajouté. Le Premier ministre Maliki avait exhorté mardi les différentes forces politiques du pays à faire taire leurs différends.
"J'appelle les partis irakiens à soutenir la réconciliation nationale parce que c'est la seule voie qui peut aider les Irakiens", avait déclaré M. Maliki, en lançant les travaux de cette conférence. Washington considère que les progrès dans le domaine de la réconciliation politique sont trop lents et que cette paralysie met en péril les avancées dans le domaine de la sécurité, seules à même de justifier un début de retrait des troupes américaines d'Irak.
Militaires
Cette conférence, la deuxième du genre après celle du 16 décembre 2006, s'est tenue à la veille de l'anniversaire de l'invasion de l'Irak, le 20 mars 2003, qui a conduit à la chute du régime de Saddam Hussein. M. Maliki avait présidé la première conférence de réconciliation qui avait appelé les anciens membres du parti de Saddam Hussein, le Baas, à rejoindre le processus politique.
Il avait alors exhorté officiers et soldats ayant servi à l'époque du dictateur à rejoindre la nouvelle armée irakienne, après en avoir été écartés par l'administration provisoire américaine qui avait dirigé l'Irak au lendemain de l'invasion. Depuis, le Parlement a adopté une loi qui doit permettre à ces anciens fonctionnaires et militaires de réintégrer la fonction publique.


