Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, s'entretient jeudi à Damas de la situation au Proche-Orient, notamment dans les territoires palestiniens et au Liban, quelques jours avant le sommet arabe prévu les 29 et 30 mars dans la capitale syrienne.
Arrivé mercredi soir à Damas, il a rencontré jeudi matin le président Bachar al-Assad, et devait s'entretenir avec le vice-président Farouk al-Chareh.
M. Lavrov devait discuter à Damas "des problèmes au Proche-Orient, notamment au Liban, et la possibilité de la tenue d'une réunion de paix à Moscou" pour faire avancer le processus y compris sur le volet syro-israélien, a déclaré à l'AFP Andrei Zaitsew, responsable de la presse à l'ambassade de Russie à Damas. La crise au Liban risque de peser sur le sommet de Damas, que plusieurs pays pourraient boycotter, accusant la Syrie de bloquer la situation chez son voisin libanais.
Le Liban a été au centre des discussions mercredi soir de M. Lavrov avec son homologue syrien, Walid Mouallem. Ils ont exprimé "leur soutien à l'initiative de la Ligue arabe" pour débloquer la situation.
Le Liban est sans président depuis le 24 novembre en raison d'une lutte de pouvoir entre la majorité, soutenue par l'Occident et l'Arabie saoudite, et l'opposition appuyée par l'Iran et la Syrie, une crise politique sans précédent depuis la fin de la guerre civile (1975-1990).
Dans des déclarations faites avant son arrivée à Damas, M. Lavrov a indiqué qu'il allait parler avec les Syriens des moyens d'"influer positivement sur la situation au Liban", selon l'agence officielle syrienne, Sana.
M. Lavrov a également mis en garde contre "l'impact négatif des ingérences extérieures dans les affaires libanaises et palestiniennes".
"Les efforts pour la paix sont inefficaces au milieu des divisions palestiniennes", a-t-il estimé, faisait référence au conflit entre l'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas et le mouvement islamiste palestinien Hamas qui a pris le contrôle de la bande de Gaza par un coup de force en juin dernier.
Le ministre russe a également rencontré mercredi soir Khaled Mechaal, le chef de bureau politique du Hamas qui vit en exil en Syrie.
A la suite de la réunion d'Annapolis (Etats-Unis) organisée en novembre par le président américain, George W. Bush, pour relancer les négociations israélo-palestiniennes, la Russie avait proposé d'organiser une réunion à Moscou pour réactiver le processus de paix israélo-syrien gelé depuis 2000.
La Syrie exige la restitution totale du plateau du Golan, conquis par Israël durant la guerre israélo-arabe de 1967 et annexé en 1981. Les pourparlers de paix syro-israéliens sont gelés depuis 2000. MM. Lavrov et Mouallem ont jugé "nécessaire de parvenir à une solution juste et globale du conflit israélo-arabe, y compris sur le volet syro-israélien", a indiqué l'agence Sana. Ils ont en outre estimé nécessaire de "déployer des efforts pour rétablir l'unité palestinienne".
M. Lavrov, dont le pays a gardé des relations privilégiées avec Damas depuis l'époque soviétique, s'est par ailleurs félicité du développement des relations commerciales et économiques entre la Russie et la Syrie.
Mercredi soir, il a signé avec M. Mouallem un accord pour "l'assouplissement du régime des visas" entre la Syrie et la Russie, qui concerne notamment les diplomates et les officiels. Il doit poursuivre sa tournée régionale plus tard jeudi en Israël et dans les territoires palestiniens. (belga)


