La secrétaire d'Etat française aux droits de l'Homme Rama Yade a déclaré jeudi qu'il fallait décider d'un éventuel boycott de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Pékin en fonction de la situation au Tibet "dans cinq mois", et non de la situation actuelle.
"On ne va pas faire de la politique fiction", a-t-elle déclaré à la chaîne de télévision Canal +, ajoutant: "Les Jeux Olympiques ont lieu dans un peu plus de cinq mois. Donc, dans cinq mois, on verra ce qui se passe".
L'organisation Reporters sans frontières (RSF) a demandé aux chefs d'Etat de boycotter la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Pékin, afin de protester contre les violations des droits de l'Homme en Chine et la violente répression au Tibet. "C'est vrai qu'on ne peut pas être là à s'amuser devant une manifestation sportive s'il y a un problème politique lourd, qui touche à l'humain", a ajouté Rama Yade.
A la journaliste qui lui demandait s'"il n'existe pas déjà en Chine, le problème politique lourd?", Rama Yade a répondu que "le problème politique existe, évidemment, et dépasse d'ailleurs la question du Tibet, puisque cela touche aussi la Chine elle-même avec ses révoltes paysannes sporadiques". "Il faudrait éviter que le Tibet ne soit une prémisse à d'autres problèmes beaucoup plus lourds", a-t-elle dit.
La secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme a précisé qu'elle n'était à ce jour "pas invitée" à la cérémonie d'ouverture des Jeux à Pékin. "On peut se demander si je serai invitée: je n'en suis vraiment pas sûre", a-t-elle dit. Rama Yade s'est par ailleurs dite prête à recevoir le dalaï-lama à Paris. "Je suis tout-à-fait disposée et serai très heureuse de pouvoir le recevoir", a-t-elle affirmé.
Le dalaï-lama, chef spirituel des Tibétains en exil, a dit craindre jeudi que la répression des émeutes au Tibet ait fait "beaucoup de victimes", lors d'une conférence de presse à Dharamsala, dans le nord de l'Inde. (belga)


