La présidence de l'Autorité palestinienne a annoncé jeudi l'échec d'une médiation yéménite pour une réconciliation entre les partis rivaux Fatah et Hamas, l'imputant au mouvement islamiste.
Le président palestinien Mahmoud Abbas a affirmé dans un communiqué que le Hamas n'avait "pas accepté la formule proposée par le Yémen et émis des réserves la vidant de sa substance". "La délégation de l'OLP va rentrer mais restera disposée à se rendre de nouveau au Yémen si la direction du Hamas accepte l'initiative yéménite telle quelle", a-t-il ajouté.
"Le Hamas a rejeté l'initiative yéménite pour la réconciliation interpalestinienne", a renchéri dans un communiqué son porte-parole Nabil Abou Roudeina. Selon lui, le Hamas "a refusé d'engager un dialogue avec l'OLP", la centrale palestinienne dirigée par M. Abbas chef du Fatah. Le Hamas ne fait pas partie de l'OLP, qui regroupe les principaux mouvements nationalistes palestiniens.
A Gaza, le porte-parole du Hamas Sami Abou Zouhri a contredit l'Autorité palestinienne, assurant que son mouvement avait accepté l'initiative yéménite. L'annonce de son échec par M. Abbas "montre qu'il se dérobe à tout dialogue", a-t-il clamé. De son côté, le ministre yéménite des Affaires étrangères, Abou Bakr al-Kourbi, a affirmé à l'AFP que les représentants des parties palestiniennes rivales devaient effectuer une seconde tentative de compromis samedi.
L'initiative du Yémen, où des délégations du Hamas et de l'OLP se sont rendues ces derniers jours, prévoit notamment un retour dans la bande de Gaza à la situation qui prévalait avant la violente prise de pouvoir par le mouvement islamiste en juin 2007 aux dépens du Fatah. Le numéro deux du bureau politique du Hamas, Moussa Abou Marzouk, avait affirmé mercredi à Sanaa que son mouvement acceptait de renoncer au pouvoir dans la bande de Gaza contre la rétablissement d'un de ses chefs, Ismaïl Haniyeh, au poste de Premier ministre qu'il occupait avant d'être limogé par M. Abbas à la suite du coup de force des islamistes.
Outre le retour à la situation antérieure à ce coup de force, l'initiative prévoit des élections anticipées dans les territoires palestiniens, la reprise du dialogue sur la base des accords du Caire (2005) et de La Mecque (2007), ou encore la refonte des services de sécurité sous la conduite de l'Autorité palestinienne et d'un gouvernement d'union nationale sans interférence politiques partisanes.
M. Abou Marzouk avait souligné que tout dialogue devrait avoir lieu avec le Fatah seulement et non pas avec l'OLP. "Les propositions yéménites sont pour un dialogue entre le Fatah et le Hamas, les deux parties en conflit", a-t-il dit, ajoutant qu'une rencontre avec l'OLP devrait avoir "un ordre du jour différent".
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