Une association musulmane néerlandaise a demandé vendredi en référé un examen préalable du film contre l'islam, qu'un député néerlandais d'extrême-droite, Geert Wilders, a dit vouloir diffuser.
La Fédération islamique néerlandaise (NIF) a demandé au tribunal de La Haye de désigner des experts pour visionner ce film, afin de déterminer s'il y avait des motifs pour l'interdire. Le tribunal doit statuer le 28 mars. M. Wilders a dit vouloir diffuser son film "avant le 1er avril".
Les autorités néerlandaises ont déjà dit à plusieurs reprises que la loi interdisait toute censure préalable, et qu'une interdiction n'était possible qu'en cas de délit comme l'incitation à la haine raciale. M. Wilders dit vouloir diffuser son film sur un site internet hébergé aux Etats-Unis, ce qui devrait le mettre à l'abri d'éventuelles poursuites aux Pays-Bas.
Le gouvernement a tenté en vain de convaincre Geert Wilders de renoncer à son projet, redoutant une crise comparable à celle qu'a provoqué la publication par la presse danoise de caricatures de Mahomet. Le député, fondateur du Parti de la liberté (9 députés sur 150), avait annoncé à l'automne vouloir réaliser un court métrage montrant le caractère "fasciste" du Coran, livre dont il a demandé l'interdiction et comparé à "Mein Kampf" d'Adolf Hitler.
Des pays musulmans comme le Pakistan, l'Iran, l'Afghanistan, l'Indonésie ou l'Egypte ont exprimé leur indignation, tandis que des parlementaires iraniens ont menacé les Pays-Bas d'un boycottage économique.
Fin février, les talibans ont brandi des menaces contre les quelque 1.660 soldats néerlandais déployés en Afghanistan dans le cadre la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) si ce "film insultant" était diffusé.


