Le président zimbabwéen Robert Mugabe s'apprête à ordonner une nouvelle baisse des prix des produits de première nécessité avant les élections générales du 29 mars, et menaçe de nationaliser les entreprises qui ne l'appliqueraient pas, a rapporté mardi la presse d'Etat.
Mugabe, candidat à un sixième mandat présidentiel, entend ramener les prix à leur niveau du 12 février et a convoqué une réunion avec les dirigeants d'entreprises industrielles à ce sujet, selon le quotidien The Herald.
"Nous les rencontrons à Harare. Ils vont s'entretenir avec des responsables du ministère de l'Industrie et du Commerce international, ainsi que de la banque centrale du Zimbabwe car nous voulons qu'ils réduisent les prix", a déclaré Mugabe, au cours d'une réunion politique.
"S'ils refusent, nous ne collaborerons pas non plus", a-t-il ajouté, en menaçant d'appliquer la Loi d'indigénisation, adoptée il y a trois semaines, aux entreprises récalcitrantes. "Nous utiliserons la Loi d'indigénisation et d'émancipation qui stipule que toutes les entreprises, que ce soit les mines ou les usines, à capital étranger, avec une minorité d'actionnaires noirs ou sans actionnaires noirs, doivent transmettre au moins 51% de leurs actions à des nationaux."
En juin 2007, le gouvernement avait ordonné aux entreprises de réduire leurs prix de moitié, accusant certaines de comploter avec les Occidentaux pour ruiner le pays. Plus de 12.000 détaillants et patrons d'usines avaient alors été interpellés. La mesure avait été initialement bien accueillie par les Zimbabwéens car elle leur avait permis de reconstituer leurs réserves de produits de première nécessité. Mais, nombre d'entreprises ayant cessé de produire faute de rentabilité, elle avait eu pour effet secondaire de nouvelles pénuries.
Les détaillants augmentent souvent les prix plusieurs fois par jour du fait de l'hyperinflation qui dépasse désormais les 100.000%.


