Un fournisseur du Pentagone équipait les Afghans de munitions obsolètes

Le Pentagone vient de suspendre ses relations commerciales avec l'un de ses fournisseurs qui envoyait aux forces de sécurité afghanes de vieilles munitions hors d'usage provenant de l'ex-bloc soviétique et fabriquées en Chine, selon
le New York Times publié jeudi.
Le groupe AEY, dirigé par un jeune homme de 22 ans depuis la Floride et dont le vice-président est masseur de formation, avait remporté en janvier 2007 un méga-contrat de près 300 millions de dollars auprès de l'armée de Terre américaine pour la fourniture de matériel de guerre en Afghanistan, destiné à équiper la police et l'armée afghanes.
Selon le quotidien américain, qui cite des rapports confidentiels, AEY se procurait les munitions essentiellement dans les pays européens de l'ancien bloc communiste: République tchèque, Slovaquie, Hongrie, Roumanie, Bulgarie Monténégro et Albanie. Ces munitions ont été fabriquées il y a plus de 40 ans. Avec le temps, la qualité des munitions se dégrade, les rendant moins fiables et moins puissantes, voire inutilisables.
En outre, des dizaines de millions de cartouches de fusil et d'armes automatiques fournies par AEY ont été produites en Chine, et leur achat constituerait ainsi une violation de l'embargo sur les armes en vigueur vis-à-vis de Pékin, écrit le
New York Times. Le groupe travaillait avec des intermédiaires et une société-écran figurant sur une liste fédérale d'entités soupçonnées de trafic d'armes illégal.
Une écoute téléphonique secrète du président d'AEY, Efraim Diveroli, suggère enfin que sa société a eu recours à la corruption pour se fournir en vieilles munitions en Albanie.
L'inspecteur général du département de la Défense et le service des douanes américain ont chacun ouvert une enquête sur AEY. L'armée de Terre américaine n'était pas immédiatement joignable jeudi matin pour commenter ces informations. (belga/7sur7)