Des avions de la coalition internationale en Irak ont visé vendredi des miliciens chiites à Bassorah (sud), où le Premier ministre Nouri al Maliki a offert de payer ceux qui livreraient leurs armes.
Les frappes avant l'aube ont marqué la première intervention de la coalition dans les combats qui opposent miliciens chiites et forces régulières irakiennes, depuis le 25 mars, dans le principal centre pétrolier irakien, à 550 km au sud de Bagdad. Les affrontements, impliquant la milice du chef radical Moqtada Sadr, l'armée du Mahdi, se sont étendus à Bagdad et à d'autres villes d'Irak, faisant en quatre jours plus de 170 tués et des centaines de blessés, selon un dernier bilan.
Le président américain George W. Bush a qualifié devant la presse ces combats de moment "déterminant dans l'histoire de l'Irak libre". "C'est un test" pour le gouvernement irakien, a-t-il ajouté. Un couvre-feu a été imposé à Bagdad jusqu'à dimanche et dans d'autres villes irakiennes pour tenter d'apaiser la tension entre l'armée du Mahdi, qui conteste la légitimité du gouvernement Maliki, et les forces de sécurité du gouvernement de Bagdad.
Un porte-parole de l'armée britannique, le commandant Tom Holloway, a annoncé que deux missions de bombardements avaient visé des groupes de tireurs de roquettes et des concentrations de miliciens. L'officier s'exprimait sur l'aéroport de Bassorah, où un contingent britannique de quelque 4.100 soldats est cantonné. "Les forces de la coalition interviennent dans des domaines où l'aviation irakienne n'a pas de capacité", a souligné l'officier qui n'a pas précisé la nationalité des avions engagés -qui sont soit américains, soit britanniques.
Le commandant Holloway a par ailleurs annoncé que la frontière avec l'Iran avait été fermée par les troupes de la coalition afin d'interrompre le flux d'armes dans Bassorah pendant les opérations". Un religieux iranien, l'ayatollah Ahmad Jannati, secrétaire général du Conseil des gardiens, a appelé vendredi les autorités irakiennes et les milices chiites à ouvrir le dialogue, dans la première réaction iranienne aux violences en Irak.
M. Maliki a promis de l'argent à ceux qui remettraient leurs armes aux autorités, dans une offre valable jusqu'au 8 avril et qui vise les "armes lourdes et moyennes" disponibles dans la deuxième ville d'Irak. Selon un conseiller de M. Maliki, Sadek al-Rekabi, cette offre concerne ceux qui n'ont pas pris part aux combats, et devrait permettre "d'éliminer" ces armes.
Auparavant, M. Maliki avait donnée un ultimatum de 72 heures aux miliciens de l'Armée du Mahdi participant aux combats à Bassorah pour déposer leurs armes. Cet ultimatum a pris fin vendredi matin.
Selon un officier irakien parlant à Bassorah sous couvert de l'anonymat, les combats ont baissé d'intensité dans cette ville d'1,2 millions d'habitants. (belga)


