Quinze militaires colombiens sont accusés par la justice d'avoir participé en 2005 à un massacre de civils, attribué à l'époque à la guérilla marxiste des Farc, ont annoncé vendredi les autorités.
Onze paysans avaient été abattus dans la région de San José de Apartado (nord-ouest), où un groupe de villageois avait fondé il y a dix ans une "communauté de paix". Cette organisation pacifique proclamait la neutralité de cette zone, théâtre de sanglants affrontements entre les guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) et les milices paramilitaires d'extrême droite.
Treize militaires, dont trois officiers, ont été placés en détention dans le cadre de l'enquête, a annoncé le général Mario Montoya, commandant de l'armée colombienne. Deux autres soldats sont actuellement recherchés, l'un étant à la retraite et l'autre en mission en Egypte. Au moins 170 habitants de cette "communauté de paix" ont été assassinés depuis sa création. Le président colombien Alvaro Uribe avait publiquement accusé certains de ses membres de collaborer avec les Farc.
Après le massacre de civils, la Cour interaméricaine des droits de l'Homme, dont le siège est au Costa Rica, avait demandé aux autorités colombiennes de garantir la protection de la communauté. En 2007, les villageois de San José de Apartado ont obtenu le prix de la paix d'Aix-la-Chapelle (Allemagne), créé en 1988 par des syndicats, des partis politiques et des organisations civiles. (belga)
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