Le nouveau Premier ministre Youssouf Raza Gilani, a obtenu samedi le vote de confiance de l'Assemblée nationale à l"unanimité, une première au Pakistan.
Les partis d'opposition, parmi lesquels la Ligue musulmane du Pakistan-Q (PML-Q) qui soutient le président Pervez Musharraf, ont décidé de voter pour M. Gilani, qui leur a demandé leur soutien pour renforcer la démocratie et la sécurité du pays, puissance nucléaire de 160 millions d'habitants en proie à une vague sanglante de terrorisme. "La confiance est votée à l'unanimité" des 342 députés, a annoncé Famida Mirza, présidente du Parlement, dont les débats étaient retransmis en direct à la télévision.
Le Premier ministre, qui n'a pas encore constitué son gouvernement, doit ensuite annoncer son programme pour ses cent premiers jours.
Youssouf Gilani, âgé de 55 ans, appartient au Parti du peuple pakistanais (PPP) de l'ancienne Premier ministre et chef de l'opposition Benazir Bhutto, assassinée le 27 décembre 2007 au cours d'un meeting électoral dans la banlieue d'Islamabad. Il a passé cinq années en prison, accusé de corruption par le régime du président Musharraf, une détention motivée par des raisons politiques, selon son parti.
La Constitution pakistanaise impose à tout Premier ministre d'obtenir la confiance de l'Assemblée dans les 60 jours qui suivent sa prestation de serment. Youssouf Gilani a prêté serment mardi devant le président Pervez Musharraf, avec lequel il a déjà engagé un bras de fer sans concession, en ordonnant la libération des juges démis par le chef de l'Etat et assignés à résidence depuis le mois de novembre 2007, ouvrant la voie à une contestation judiciaire de la réélection du président.
Il avait été élu lundi Premier ministre par l'Assemblée nationale, à une écrasante majorité, obtenant 264 des 342 voix des députés et l'emportant facilement sur son unique concurrent, Chaudhry Pervaiz Elahi, partisan du président Musharraf, qui n'a eu que 42 voix. La lutte contre le terrorisme sera l'une des priorités du nouveau gouvernement, alors que le pays est en proie à une vague sanglante de violence qui a fait plus de 1.000 morts depuis janvier 2007.
Sur le plan économique, en dépit d'une croissance supérieure à 6% depuis 2003, le Pakistan est confronté à des difficultés entraînant une forte inflation, en particulier dans le secteur alimentaire et à des déficits croissants. Le Pakistan, qui ne produit pas de pétrole en grande quantité est aussi affecté par la hausse spectaculaire des prix du brut. (belga)


