Des observateurs dénoncent des électeurs fantômes

Une équipe d'observateurs africains aux élections générales de samedi au Zimbabwe ont exprimé leur "profonde inquiétude" face à la découverte de milliers d'électeurs fantômes dans un district du nord de Harare.
Ces observateurs représentant une organisation continentale ont relevé près de 8.500 électeurs, sur un district de 24.678, enregistrés comme "habitant une zone désertique qui ne compte que quelques baraques de bois". L'équipe a indiqué souhaiter conserver l'anonymat tant qu'elle n'aura pas reçu une réponse officielle de la commission électorale. Dans une lettre à la commission électorale zimbabwéenne dont l'AFP a obtenu une copie, ces observateurs affirment avoir "relevé avec une profonde inquiétude un certain nombre d'inconsistances."
"Malgré le fait que cette zone soit vide, des électeurs ont été enregistrés en utilisant celle-ci comme adresse", ajoute la lettre.
La commission a rejeté vendredi toute accusation de fraude, tandis que le président Robert Mugabe, au pouvoir depuis l'indépendance du Zimbabwe en 1980, a affirmé n'avoir "jamais fraudé" pour une élection. Le régime a refusé la présence d'observateurs européens et américains, invitant la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), l'Union africaine (UA) et des pays amis comme la Chine ou le Venezuela.
Quelque 5,9 millions d'électeurs choisissent samedi leur président, leurs députés, sénateurs et conseillers municipaux. Mugabe, 84 ans, affronte le leader de l'opposition Morgan Tsvangirai et un ancien ministre des Finances entré en dissidence, Simba Makoni. Le principal parti d'opposition, le Mouvement pour un changement démocratique (MDC) avait affirmé il y a quelques jours que des dizaines de milliers d'électeurs fantômes avaient été enregistrés sur les listes. (belga)