Sadr appelle ses combattants à se "retirer"

sauvegarder
Par: rédaction
30/03/08 - 14h38

Le chef radical chiite Moqtada Sadr a appelé dimanche ses miliciens à se "retirer des rues" dans une déclaration publiée par son bureau à Nadjaf (centre-sud), après de violents combats avec les troupes régulières irakiennes débutés le 25 mars.

"Nous voulons que les Irakiens arrêtent de verser le sang, et qu'ils défendent l'indépendance et la stabilité du pays et pour cela, nous avons décidé de nous retirer des rues de Bassorah et d'autres provinces", a annoncé le chef radical dans cette déclaration, signée de son nom.

Changement
Samedi, Moqtada Sadr avait appelé ses partisans à ne pas déposer les armes, comme l'exige le Premier ministre Nouri al-Maliki. Ce dernier a répété sa détermination à poursuivre une offensive des forces régulières irakiennes contre des miliciens chiites dans la ville de Bassorah (sud), jusqu'à ce qu'ils soient "punis". Il a considéré que ceux que ses forces affrontaient étaient "pires" que les extrémistes d'Al-Qaïda, la nébuleuse terroriste qui a fait des émules en Irak depuis l'invasion américaine de mars 2003.

Des affrontements opposent depuis le 25 mars à Bassorah, à Bagdad et dans d'autres villes d'Irak, des miliciens de l'armée du Mahdi de Moqtada Sadr, et des forces irakiennes appuyées par des troupes américaines. Ces violences se sont étendues samedi à la ville sainte de Kerbala (centre-sud), et ont fait depuis le début de cette flambée meurtrière au moins 260 tués et des centaines de blessés, selon un décompte de l'AFP.

Pouvoir
Le mouvement sadriste, farouchement opposé à l'occupation américaine en Irak, accuse le Premier ministre Maliki d'être à la solde des Américains, et a demandé qu'il démissionne. Fort d'un important soutien populaire, il exige que lui soit réservé plus de pouvoir. M. Maliki n'a pas désigné explicitement le mouvement sadriste comme l'objectif de l'opération qu'il supervise personnellement à Bassorah (sud), et assure qu'il veut éliminer des "éléments criminels" terrorisant les civils.

Mais le gouvernement exige depuis des mois la dissolution de l'Armée du Mahdi, une organisation paramilitaire puissante qu'il ne contrôle pas. Un responsable des sadristes à Najaf (centre sud), Haïdar al-Jabiri, avait annoncé que Moqtada Sadr avait demandé à ses partisans "de ne pas remettre (leurs) armes sauf à un Etat qui peut se débarrasser de l'occupant".

L'annonce d'al-Jabiri, membre du comité politique du mouvement sadriste, intervient au lendemain d'une offre de M. Maliki aux habitants du grand centre pétrolier de Bassorah de remettre leurs armes en échange de récompenses. Cette offre court jusqu'au 8 avril et concerne les armes lourdes et moyennes que la population de Bassorah peut détenir.

Ultimatum
Le Premier ministre avait auparavant donné un premier ultimatum aux miliciens engagés dans les combats à Bassorah pour qu'ils remettent leurs armes. Ce délai de 72 heures est arrivé à échéance vendredi matin. M. Maliki a annoncé que les forces de sécurité ne quitteraient pas Bassorah tant que la sécurité ne sera pas rétablie, et tant que "ceux qui tournent leurs armes contre l'Etat" ne seront pas punis. (belga)

Votre avis nous intéresse!