Les miliciens du chef radical chiite Moqtada Sadr ont quitté les rues de Bagdad et du grand port pétrolier de Bassorah lundi, après six jours de combats meurtriers avec les troupes régulières qui ont fait au moins 461 tués et plus d'un millier de blessés.
Aucune présence de combattants de l'Armée du Mahdi n'était visible à Sadr City, le bastion de cette puissante milice dans le nord-est de Bagdad, ni à Kadhimiyah, un autre grand quartier chiite de la capitale irakienne, où la vie a repris progressivement son cours. Moqtada Sadr a ordonné dimanche à ses miliciens de se retirer des rues, après des combats dans Bagdad et dans le sud, notamment à Bassorah, une décision saluée par le gouvernement irakien et les Etats-Unis.
En une semaine de combats, 461 personnes ont été tuées et plus d'un millier blessées, selon un décompte de l'AFP établi à partir de chiffres fournis par des responsables irakiens. Ces sources n'ont cependant pas précisé la répartition entre civils et combattants dans ce bilan. Selon le ministère de l'Intérieur, les combats à Bassorah ont fait au moins 215 morts et 600 blessés. A Bagdad, 140 personnes ont été tuées et plus de 500 blessées dans les combats, en majorité à Sadr City.
Situation tendue
L'armée américaine a affirmé pour sa part qu'au moins 41 "criminels" avaient été tués lors d'opérations visant des combattants chiites dimanche à Bagdad. "Des centaines de personnes ont été tuées et beaucoup d'autre blessées", a annoncé le Comité international de la Croix rouge (CICR). A Bassorah, "plusieurs ambulances ont été touchées par des tirs et d'autres n'ont pas pu avoir accès à des victimes nécessitant des soins urgents", a déploré le CICR, rappelant qu'il est du devoir des parties en conflit de faciliter l'accès aux blessés.
"Alors que la situation reste tendue dans certaines zones de Bagdad et Bassorah, les gens ont commencé à se déplacer librement. Craignant une nouvelle détérioration de la situation, ils ont stocké de la nourriture, de l'eau et d'autres biens essentiels", selon l'organisation humanitaire. "Nous obéissons aux ordres de Moqtada", a déclaré le porte-parole du mouvement sadriste dans l'ouest de Bagdad, Hamdallah al-Rekabi.
Stabilité
"En dépit de notre engagement, les forces d'occupation ont encore bombardé notre secteur", a-t-il dit. "Nous avons décidé de nous retirer des rues de Bassorah et d'autres provinces. Nous voulons que les Irakiens arrêtent de verser le sang et qu'ils défendent l'indépendance et la stabilité du pays", a déclaré dimanche Moqtada Sadr. "C'est une bonne initiative qui va dans la bonne direction", a réagi le Premier ministre Nouri al-Maliki.
Le quartier de Sadr City était théoriquement placé sous interdiction de circuler par les autorités, mais le secteur est contrôlé par l'armée du Mahdi et les forces de sécurité ne sont pas présentes pour appliquer cette décision. Toutefois, aucun véhicule ne peut sortir de Sadr City, encerclé par l'armée irakienne. Des unités américaines sont déployées aux entrées du quartier et des tireurs d'élite ont pris position sur les toits, selon des habitants.
Bassorah
Dans le reste de Bagdad, la circulation a repris après la levée le matin d'un couvre-feu qui empêchait depuis le 28 mars le déplacement des véhicules et des piétons. De même, une interdiction diurne de circuler a été levée à Bassorah, à 550 km au sud de Bagdad, où les combats avaient commencé le 25 mars, mais le couvre-feu y est maintenu la nuit.
L'armée irakienne est déployée dans les avenues principales de cette deuxième ville d'Irak, en partie encore privée d'eau et d'électricité et où les commerces ont rouvert. Les combats entre les miliciens chiites et les forces irakiennes avaient éclaté à Bassorah après que le gouvernement eut décidé d'y "rétablir la sécurité", et s'étaient ensuite étendus à d'autres villes chiites, ainsi qu'à des quartiers chiites de la capitale.


