Le Japon souhaite un rapprochement avec la Chine

La diplomatie japonaise veut construire avec la Chine un "partenariat stratégique" malgré les divergences entre les deux puissances asiatiques et ses inquiétudes sur le développement militaire chinois.
Dans son "Livre Bleu" annuel où il présente sa politique, le ministère des Affaires étrangères japonais insiste aussi sur "le renforcement de l'alliance avec les Etats-Unis" et présente l'archipel comme "le moteur des discussions au G8" contre le réchauffement climatique.
Nouveau dialogueMais le ton résolument positif adopté vis-à-vis de la puissance émergente chinoise tranche avec l'analyse du plan décennal pour la défense adopté fin 2004, dans lequel le gouvernement japonais présentait la Chine comme une menace. Le Livre Bleu note que les visites en 2007 du Premier ministre chinois Wen Jiabao au Japon puis celle de son homologue japonais Yasuo Fukuda en Chine ont favorisé la construction d'un "dialogue de haut niveau".
L'arrivée au pouvoir en septembre de M. Fukuda, partisan d'un rapprochement avec Pékin, a détendu une atmosphère sino-japonaise refroidie lors du mandat de l'un de ses prédécesseurs, Junichiro Koizumi (2001-2006). Entre les deux, l'éphémère Premier ministre Shinzo Abe (2006-2007), bien que nationaliste, avait calmé le jeu avec la Chine en cessant les visites au sanctuaire Yasukuni prisées par M. Koizumi.
De l'eau dans le vinPékin était exaspéré par ces pèlerinages dans un lieu où sont honorés les soldats morts au combat, dont des criminels de guerre de la Seconde guerre mondiale. Dans ce Livre Bleu, le Japon se félicite que les deux pays aient travaillé à la construction d'une relation "de partenariat stratégique et réciproque", une formule diplomatique signifiant que les deux voisins vont essayer de s'entendre malgré leurs points de désaccord.
Au-delà des cicatrices de l'histoire, Japon et Chine divergent sur l'exploitation des ressources gazières de la Mer de Chine orientale et plus récemment sur la sécurité des aliments chinois importés dans l'archipel. Au vu du développement militaire et de la diplomatie active de la Chine aux quatre coins du globe, le Japon demande en outre à son voisin "de mener sa modernisation militaire et son aide extérieure dans la transparence et en accord avec les normes internationales".