Bucarest, le "plus grand sommet" de l'histoire de l'OTAN

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Par: rédaction
1/04/08 - 14h23

Avec quelque 60 chefs d'Etat et de gouvernement attendus, ainsi que le secrétaire général de l'ONU, le sommet de l'OTAN à Bucarest, de mercredi à vendredi, s'annonce comme le "plus grand" de l'Alliance atlantique, qui souffle ses 59 bougies le 4 avril.

L'OTAN mettra ainsi en évidence, pour ce dernier sommet du président américain George W. Bush, les "partenariats globaux" prônés par les Etats-Unis, toujours enclins à rassembler de larges coalitions pour atteindre leurs objectifs en matière de politique étrangère.

Rassemblement
Ce sommet, le 20e de l'histoire de l'OTAN, réunira, selon des géométries variables, les dirigeants des 26 pays membres, ceux des 23 "partenaires" rassemblés au sein du Conseil de Partenariat euro-atlantique (CPEA, qui comprend notamment les républiques issues de l'ex-URSS et de l'ex-Yougoslavie, mais aussi des Etats neutres, comme la Suède, la Finlande ou l'Autriche, ou des candidats), ainsi que ceux engagés aux côtés des alliés en Afghanistan.

Afghanistan
Le jeudi après-midi, à son deuxième jour, le sommet organisé dans le palais de l'ex-dictateur communiste Nicolae Ceausescu accueillera ainsi une "réunion de haut niveau" sur l'Afghanistan, qui s'élargira aux treize pays non membres qui fournissent des troupes à la force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF), dirigée par l'OTAN depuis 2003.

Sont notamment attendus les Premiers ministres australien et néo-zélandais, Kevin Rudd et Helen Clark, mais aussi le président afghan Hamid Karzaï et des représentants de nombreuses organisations internationales présentes en Afghanistan, dont le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, son nouveau représentant à Kaboul, le diplomate norvégien Kai Eide, le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, et le haut représentant pour la politique étrangère de l'UE, Javier Solana.

La Banque mondiale, engagée dans la reconstruction du pays, sera aussi représentée. Le grand absent sera toutefois le Pakistan, souvent accusé d'abriter le long de sa frontière des bases arrière des talibans, alors que vient de s'ouvrir le premier des six "centres de coordination et d'échange du renseignement" entre l'OTAN, le Pakistan et l'Afghanistan sur la lutte anti-terroriste.

Coordination
Lors du sommet, les 26 alliés doivent adopter une "déclaration" édictant les objectifs de l'OTAN pour les cinq prochaines années dans ce pays, alors que 36 soldats de la force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) sont déjà morts en 2008. Cette déclaration "réaffirmera l'engagement" à moyen terme de tous les alliés, rappelant pourquoi ils sont présents en Afghanistan, sous mandat de l'ONU.

Elle soulignera l'importance d'"une coordination améliorée entre l'ONU, l'Union européenne et l'OTAN", démontrant sous le nom d'"approche globale" un soutien unanime de la communauté internationale à la reconstruction de l'Afghanistan. La déclaration insistera aussi sur "la nécessité de placer progressivement les Afghans aux commandes" - une "afghanisation" selon l'expression d'un diplomate -, sous-entendant une stratégie de sortie.

Elle sera complétée par un "plan stratégique politico-militaire" voué à rester "classifié" (secret) qui définira "des sous-objectifs, des moyens et des échéances provisoires", selon une source diplomatique. Vendredi matin, le sommet accueillera le président ukrainien Viktor Iouchtchenko, qui aspire à adhérer à terme à l'OTAN, malgré l'opposition d'une large frange de son opinion publique. Il s'élargira enfin au Russe Vladimir Poutine, pour sans doute évoquer des sujets qui fâchent, comme le Kosovo, la Géorgie et l'Ukraine - qui aspirent à obtenir le Plan d'action pour l'adhésion (MAP).

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