La France "se dédit" en refusant de payer les 6,3 millions d'euros de dommages et intérêts que les six Français de L'Arche de Zoé ont été condamnés au Tchad à verser pour indemniser les familles des 103 enfants, a déclaré une avocate de ces familles, Laminal Ndintamadji.
"La France se dédit après avoir obtenu tout ce qu'elle a demandé. La France, qui est un Etat de droit, doit assumer ses responsabilités en versant aux parents des enfants les dommages et intérêts conformément à l'arrêt de la Cour criminelle de N'Djamena", a affirmé mercredi Me Ndintamadji.
"La France a demandé (et obtenu) le transfèrement de ses ressortissants après leur condamnation conformément à la convention judiciaire qui lie les deux pays. Ce transfèrement veut dire que la France prend en charge la partie civile" et a la responsabilité de faire respecter la décision de la justice tchadienne sur le versement des dommages et intérêts, a-t-elle estimé. "Si la France refuse de payer les dommages et intérêts, nous trouvons cela irresponsable", a ajouté l'avocate.
Le Premier ministre français François Fillon a exclu mardi que Paris paie ces dommages et intérêts: "Il est hors de question que le contribuable français paie six millions d'euros pour des erreurs que la France n'a pas commises".
La Cour criminelle de N'Djamena avait condamné le 26 décembre les six Français à verser "solidairement" 4,12 milliards de francs CFA (6,3 millions d'euros) aux familles des 103 enfants que l'association avait tenté en octobre d'exfiltrer vers la France. Les six membres de l'association, qui avaient été également condamnés à huit ans de prison, ont été graciés par le président tchadien Idriss Deby Itno et libérés lundi des différents établissements pénitentiaires français où ils étaient incarcérés depuis leur transfèrement.
Le chef de l'Etat tchadien a reçu mardi le collectif des avocats des familles et "leur a donné toutes les assurances que les enfants et leurs défenseurs seront dédommagés", a annoncé mercredi la présidence. "C'est forcément la France qui va payer", a estimé à l'issue de cet entretien le porte-parole du collectif, Me Amady Nathé, cité dans un communiqué de la président tchadienne. "Dans un délai très bref, ce problème sera réglé", a-t-il assuré. (belga)


