Les pays de l'OTAN ont salué la "contribution substantielle" que le futur bouclier antimissile américain en Europe centrale apportera à la "protection des alliés" européens contre les missiles balistiques à longue portée.
"Nous reconnaissons que l'initiative prise par les Etats-Unis et d'autres est utile. La France y participera avec pragmatisme", a affirmé le président français Nicolas Sarkozy.
Les 26 pays de l'OTAN ont salué ce jeudi la "contribution substantielle" que le futur bouclier antimissile américain en Europe centrale apportera à la "protection des alliés" européens contre les missiles balistiques à longue portée, comme ceux dont se dote l'Iran. Ils ont ainsi brisé ainsi un tabou qui voulait que ce projet ne soit qu'une affaire bilatérale entre les Etats-Unis d'une part, la Pologne et la République tchèque d'autre part.
Dans la déclaration finale du sommet atlantique de Bucarest, publiée jeudi soir, avec des heures de retard sur l'horaire initialement prévu, les chefs d'Etat et de gouvernement alliés reconnaissent que la prolifération de missiles balistiques représente "une menace croissante" pour les forces, le territoire et la population des pays de l'Alliance.
"Nous reconnaissons donc la contribution substantielle que le projet d'implantation en Europe de moyens de défense anti-missile des Etats-Unis apporte à la protection des alliés" européens contre les missiles balistiques à longue portée", ajoute le texte.
Les dirigeants de l'OTAN rappellent qu'ils ont mis à l'étude un système propre de défense contre les missiles à courte portée, au départ destiné à protéger des forces déployées en opération. "Nous analysons les moyens d'associer cette capacité (... afin) qu'elle puisse être intégrée à toute architecture future de défense anti-missile à l'échelle de l'OTAN" pour protéger les pays du sud-est de l'Europe non couverts par le système américain.
Les Etats-Unis projettent d'étendre en Europe leur bouclier anti-missile sur un "troisième site -en plus de ceux de Californie et d'Alaska- en installant un radar en République tchèque et dix missiles intercepteurs en Pologne d'ici 2012 pour protéger leur territoire d'éventuelles attaques d'"Etats voyous", comme l'Iran, selon Washington. La Russie est très hostile au déploiement de ce bouclier, dont elle affirme qu'elle réduira son potentiel de dissuasion nucléaire.
"Nous reconnaissons que l'initiative prise par les Etats-Unis et d'autres est utile. La France y participera avec pragmatisme", a affirmé le président français Nicolas Sarkozy. Le bouclier américain "peut être un élément important de réponse à cette menace" posée par la prolifération croissante de missiles balistiques, a pour sa part admis le nouveau Premier ministre belge Yves Leterme.
En marge du sommet, les Etats-Unis et la République tchèque ont annoncé l'achèvement des négociations sur un accord sur la défense anti-missile, sans attendre le résultat des négociations bilatérales que Washington mène parallèlement avec Varsovie pour installer dix missiles intercepteurs sur le sol polonais. (belga)


