Le pouvoir au Zimbabwe veut un second tour
Le parti au pouvoir doit se réunir pour définir une stratégie afin de sauver le chef de l'Etat Robert Mugabe.
La tension s'est accentuée au Zimbabwe où le parti au pouvoir doit se réunir vendredi pour définir une stratégie en vue d'un second tour à la présidentielle afin de sauver le chef de l'Etat Robert Mugabe, après l'humiliation de la défaite aux législatives.
Le président Robert Mugabe participera sans aucun doute à un second tour à la présidentielle, a annoncé vendredi un haut responsable du parti au pouvoir. "Il est certain qu'il y aura un second tour. Nous sommes affaiblis, mais pas hors jeu", a déclaré le secrétaire pour l'administration de l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF), Didymus Mutasa. "Le candidat sera évidemment Robert Gabriel Mugabe. Qui d'autre pourrions-nous choisir à la place de notre cher Vieux?", a-t-il lancé.
En l'absence de résultats, cinq jours après les élections générales qui ont coûté au pouvoir sa majorité de 28 ans à l'assemblée, les spéculations sur les raisons d'un second tour alimentaient la tension à Harare. La police a annoncé jeudi soir avoir arrêté deux reporters, accusés de participer illégalement à la couverture des élections.
Le quotidien américain
New York Times a confirmé l'interpellation de son correspondant, Barry Bearak. Le gouvernement a refusé de délivrer des accréditations à la plupart des journalistes étrangers pour les élections. Les interpellations ont suivi de quelques heures l'annonce que l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF) de Mugabe était "prête pour un second tour" à la présidentielle.
La Commission électorale a commencé jeudi à donner les résultats des sénatoriales au compte-gouttes, selon un ballet parfaitement orchestré déjà observé pour les législatives. Sur 60 sièges, les deux grands partis en ont remporté chacun cinq. Depuis samedi, Mugabe s'est fait étonnamment discret pour un homme qui n'a pas l'habitude de s'effacer dans l'adversité.
Malgré les dénégations du gouvernement et de l'opposition, plusieurs sources ont fait état de négociations entre des représentants de Mugabe et de Tsvangirai, sous l'égide de diplomates africains. Les discussions porteraient sur un retrait en douceur du chef de l'Etat en échange d'une impunité pour les violations des droits de l'Homme commises sous son régime. Une autre option pourrait être l'exil.
L'ancien Premier ministre malaisien Mahathir Mohamad a estimé que son pays était en devoir d'accueillir Mugabe, un de ses amis proches. La Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) tentait elle aussi, selon des sources concordantes, de le convaincre de ne pas risquer l'humiliation d'une défaite. L'objectif est d'éviter une éruption de violence comme au Kenya, où des affrontements ont fait 1.500 morts après l'élection contestée de décembre.
Le facteur décisif réside dans l'attitude des forces de l'ordre. Mais elles sont aujourd'hui divisées, affectées comme toute la population par le marasme économique qui a conduit le pays, autrefois grenier à céréales de la région, à dépendre de l'aide alimentaire. (afp)