L'Afrique du Sud a exhorté vendredi le Zimbabwe à publier "le plus vite possible" les résultats des élections du 29 mars, pour mettre fin "aux complots" de certains médias internationaux accusés de mener "une campagne organisée" contre le régime de Harare.
"Un sujet de sérieuse inquiétude est la campagne orchestrée par certains médias internationaux et sud-africains qui affirment catégoriquement que les délais (de publication des résultats) reflètent un complot du gouvernement pour falsifier et voler les élections", a déclaré le ministre adjoint des Affaires étrangères, Aziz Pahad. "Pour mettre un terme à tous ces complots, il est important que les résultats soient annoncés le plus vite possible", a-t-il ajouté.
Fraude?
Samedi dernier, les Zimbabwéens étaient appelés aux urnes pour désigner leur président, députés, sénateurs et conseillers municipaux. Six jours plus tard, la commission électorale n'a publié que les résultats des législatives, à l'issue desquelles le parti au pouvoir a perdu sa majorité de 28 ans à la chambre des députés.
L'opposition, des associations de défense des droits civiques, et plusieurs capitales occidentales ont craint que ces retards ne servent à manipuler le décompte des suffrages. "Il faut que les résultats soient publiés", a notamment déclaré un porte-parole du département d'Etat américain, Tom Casey, évoquant "des inquiétudes sur la possibilité d'une arnaque ou d'efforts pour manipuler le décompte des voix."
Silencieux
Pour M. Pahad, "les possibilités de falsifier les résultats sont limitées" et, en rapportant ces allégations, les médias participent à "une campagne non professionnelle et organisée". "Le rôle de la communauté internationale, notamment des médias, est de soutenir les efforts déployés par les Zimbabwéens pour relever leurs défis et non d'être des instruments de complots et de déstabilisation", a-t-il encore lancé.
Au même moment, les Etats-Unis et l'Union européenne se disaient inquiets de l'arrestation de deux journalistes étrangers, accusés de couvrir l'élection sans accréditation. L'Afrique du Sud, dont le président Thabo Mbeki a toujours prôné une "diplomatie silencieuse" envers son voisin, a régulièrement été critiqué pour son manque de fermeté publique envers Mugabe, malgré l'effondrement de l'économie du pays et d'importantes violations des droits de l'Homme. Dans son unique réaction officielle depuis le scrutin, il s'est borné jeudi à appeler les Zimbabwéens de tous bords à "accepter le résultat" des élections.
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