Les accusés des attentats déjoués de Londres posent en martyrs

Plusieurs des huit hommes jugés à Londres pour tentatives d'attentats en 2006 avec des explosifs liquides contre au moins sept avions assurant des liaisons transatlantiques avaient préparé des vidéos où ils posent en martyrs, selon des extraits présentés vendredi au jury.
Le procureur Peter Wright a montré aux jurés une vidéo dans laquelle apparaît l'un des accusés Umar Islam, alias Brian Young, 29 ans, portant un bandeau noir et blanc, sur un fond d'écran noir. Il décrit ses projets comme une "revanche" à l'égard des Etats-Unis et de "ses complices comme les Britanniques et les juifs".
Destruction"Opérations de martyrs après opérations de martyrs ne cesseront de pleuvoir sur ces kafirs (incroyants) jusqu'à ce qu'ils nous libèrent et quittent nos terres", ajoute-t-il. Islam prévient l'Occident qu'il "ne pourra jamais gagner cette guerre" aussi longtemps que les gens comme lui resteront déterminés.
Dans une autre vidéo, l'un de ses co-accusés, Abdulla Ahmed Ali, dit Ahmed Ali Khan, 27 ans, se présente comme le chef de cette "opération sainte". "Cheikh Osama (ben Laden) vous a prévenus plusieurs fois de quitter nos terres ou vous serez détruits, et maintenant l'heure est venue de votre destruction", déclame-t-il, accusant l'Occident d'accorder plus de "soins et de préoccupations pour les animaux que pour l'Oumma (communauté) musulmane."
Lutte sanglantePeter Wright a expliqué que les vidéos avaient été découvertes au domicile londonien d'Islam et dans le garage d'un autre accusé, Assad Sarwar, 27 ans. Elles témoignent, selon lui, de la volonté de propager la "guerre sainte", de se livrer à une "violente et sanglante lutte contre les non-musulmans".
M. Wright a révélé que les perquisitions à la maison de Sarwar à High Wycombe (sud-est de l'Angleterre) avaient permis de découvrir un conteneur rempli de 18 litres de peroxyde d'hydrogène, un composé chimique susceptible d'être transformé en produit explosif, de câbles et seringues, d'un thermomètre et de gants en latex.
Ambitions terroristesDes éléments retrouvés dans l'ordinateur de Sarwar suggèrent que le groupe avait envisagé de s'en prendre à d'autres cibles, comme la plus haute tour de Grande-Bretagne située dans le quartier de Canary Wharf à Londres, ou un gazoduc courant entre la Belgique et la Grande-Bretagne. "L'horizon des ambitions terroristes de M. Sarwar était, disons, sans limite", a déclaré M. Wright.
Il a par ailleurs indiqué qu'un appartement avait été acheté "dans des conditions opaques" à Walthamstow (nord-est de Londres) pour 138.000 livres (175.427 euros), payées en liquide, un mois avant l'arrestation du groupe. Il a servi d'"usine à bombes" et de lieu de tournage d'une partie des vidéos, a expliqué Peter Wright.
Ce logement avec deux chambres avait été placé sur écoute par la police en juillet et août 2006, a-t-il précisé. Deux accusés avaient été entendus discutant du complot qui devait être mis en oeuvre "dans environ deux semaines" et certains envisageaient d'être accompagnés de femmes et enfants dans leur mission suicide.
Les huit hommes sont accusés d'avoir projeté en août 2006 de commettre des attentats suicide dans au moins sept avions reliant l'aéroport londonien d'Heathrow, l'un des plus importants au monde, avec le Canada (Toronto, Montreal) et les Etats-Unis (New York, Washington, Chicago, San Francisco). Les huit accusés, qui ont entre 23 et 29 ans, nient toute implication.