Une "marche blanche" pour la libération de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt est organisée dimanche à Paris et dans plusieurs villes de France, à l'appel de ses enfants qui espèrent que la mission d'urgence envoyée par Paris en Colombie pourra la "sauver de la mort". Aucune marche n'est prévue en Belgique ce week-end.
Signe supplémentaire de l'importance de ce dossier pour la France, la secrétaire d'Etat française aux droits de l'Homme Rama Yade, se joindra à cette marche, où les participants sont appelés à porter des vêtements blancs en signe de paix pour la Colombie.
Informations alarmantes
La France a dépêché mercredi, pour l'heure sans succès apparent, une mission humanitaire, à laquelle sont associées la Suisse et l'Espagne, afin de tenter d'entrer en contact avec la guérilla des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie, marxistes), qui détient l'ex-candidate à la présidentielle colombienne depuis plus de six ans.
Les enfants et les autorités françaises prennent très au sérieux des informations alarmantes sur l'état de santé de l'otage qui souffre d'une hépatite B, le président Nicolas Sarkozy estimant qu'elle est en "danger de mort imminente". "Soit on arrive à convaincre les Farc et le monde entier, soit j'enterre ma mère", a affirmé vendredi le fils de l'otage, Lorenzo Delloye, 19 ans, qui a multiplié toute la semaine les appels à la mobilisation en son nom et celui de sa soeur Mélanie, 22 ans, qui étudie à New York.
"Il y a une urgence. Urgence pour la vie. Urgence pour la liberté. Ma mère va très mal. Ce n'est qu'une question de semaines. Alors, s'il vous plaît, venez nombreux", dit-il dans une vidéo annonçant la marche. "Nous espérons que cette marche sera la dernière avant la libération d'Ingrid", a déclaré Hervé Marro, porte-parole d'un comité de soutien à Ingrid Betancourt, organisateur de la marche.
Mobilisation
Nicolas Sarkozy, qui a fait du dossier Betancourt une cause nationale, a appelé mardi solennellement le chef de la guérilla Manuel Marulanda à la libérer, à la veille de l'envoi de la mission humanitaire d'urgence. La guérilla marxiste, que le président colombien Alvaro Uribe s'est engagé à éliminer, propose d'échanger Ingrid Betancourt, 46 ans, et 38 autres otages dits "politiques" contre environ 500 guérilleros emprisonnés en Colombie dans le cadre d'un accord global.
En Colombie, des manifestations pour demander la libération de tous les otages ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes vendredi dans les rues des grandes villes du pays où pour la première fois l'image et le nom d'Ingrid Betancourt étaient omniprésents. Quelque 2.800 personnes sont retenues en otages en Colombie, par les Farc mais également par la guérilla de l'ELN (Armée de libération nationale, guévariste), par des groupes criminels et par des paramilitaires d'extrême droite.


