Les Monténégrins ont réélu le président Vujanovic
Les Monténégrins ont réélu dimanche le président Filip Vujanovic confortant ainsi le parti qui, depuis 17 ans, dirige cette ex-république yougoslave qui s'est séparée de la Serbie il y a deux ans.
"Nous avons gagné pour notre Monténégro, pour notre avenir meilleur", a déclaré M. Vujanovic à l'issue du scrutin. Cette victoire est un succès important pour le parti de M. Vujanovic, le Parti démocratique des socialistes (DPS) et son chef le Premier ministre, Milo Djukanovic, qui contrôle la vie politique du Monténégro depuis 17 ans.
VictoireSelon le CEMI, une organisation qui a observé le scrutin, M. Vujanovic l'a emporté avec 52,3 % des voix devant le candidat pro-serbe Andrija Mandic (19,3%) et le candidat libéral Nebojsa Medojevic (17,7%). Les résultats officiels du scrutin devaient être annoncés mardi par la Commission électorale. M. Vujanovic, 53 ans, avocat de formation, était le grand favori de cette présidentielle, les sondages ayant pronostiqué sa victoire dès le premier tour.
Ses deux principaux adversaires, le candidat pro-serbe Andrija Mandic et le candidat libéral Nebojsa Medojevic, espéraient toutefois le mettre en ballottage. "Je ne suis pas content des résultats qui ont montré que les citoyens (du Monténégro) ne sont toujours pas prêts à soutenir un candidat démocratique", a déclaré M. Medojevic farouche critique du parti au pouvoir.
Croissance économiqueLors de sa campagne électorale, M. Vujanovic s'est largement appuyé sur la popularité de M. Djukanovic, architecte de l'indépendance monténégrine qui a favorisé une forte croissance économique due principalement au développement du tourisme. "Le consensus autour d'une politique pro-européenne incarnée dans le DPS et le président du Monténégro est de plus en plus large", a déclaré M. Djukanovic en saluant la victoire de M. Vujanovic, son fidèle allié.
Lors du premier mandat présidentiel de M. Vujanovic, les Monténégrins ont voté, lors d'un référendum en mai 2006 pour la rupture de l'union avec la Serbie. M. Vujanovic a toutefois pris soin de ne heurter ni Belgrade, ni la minorité serbe du Monténégro (30 % de la population) en promettant de maintenir "une coopération la plus proche possible avec nos frères de Serbie".
BruxellesIl a également été attentif à la question sensible du Kosovo qui a proclamé l'indépendance le 17 février, en affirmant qu'avant de reconnaître le nouvel Etat, le Monténégro attendrait de voir "comment se positionnent les autres pays de la région et de l'Union européenne". Pendant sa campagne, M. Vujanovic avait promis aux électeurs de continuer l'intégration du Monténégro à l'Union européenne et son adhésion à l'OTAN. Le Monténégro a signé l'année dernière un accord de rapprochement avec Bruxelles.
"La place du Monténégro est dans l'Union européenne et nous y serons", a dit M. Vujanovic après sa victoire. L'opposition a multiplié, au cours de la campagne électorale, les accusations de corruption contre le parti au pouvoir dont le leader, M. Djukanovic, est soupçonné d'avoir été lié à un trafic de cigarettes dans les années 1990.
Pour la présidentielle la participation était de 67,3% une demi-heure avant la fermeture des bureaux de vote à 21H00. Le président monténégrin, dont le rôle est essentiellement protocolaire, est élu pour un mandat de cinq ans.