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Piraterie en Somalie: Paris déploie le GIGN

Paris a déployé le GIGN et des commandos marine pour se tenir prêt à toute éventualité après le détournement d'un trois-mâts de croisière par des pirates au large des côtes somaliennes, mais privilégie toujours la négociation.

Une équipe du Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) s'est envolée dans la nuit de dimanche à lundi depuis une base de la région parisienne pour rejoindre celle de l'armée française à Djibouti. Elle y restera prépositionnée, à un millier de kilomètres de Garaad, le village somalien au large duquel Le Ponant est au mouillage depuis dimanche soir. L'équipe de gendarmes d'élite a été déployée dans le cadre du plan Pirate-mer, déclenché vendredi par le Premier ministre François Fillon après la capture du Ponant. Ce plan mobilise également des unités de commandos de marine.

"Il n'est pas prévu qu'ils embarquent à bord d'un navire de la marine nationale pour le moment", a précisé une source proche du dossier. "Nous prenons toutes les précautions, l'Etat est en alerte", a déclaré pour sa part Bernard Kouchner sur LCI, confirmant qu'un contact "a été établi" avec les pirates somaliens. Le ministre des Affaires étrangères a souligné que les derniers actes de piraterie dans la région s'étaient "soldés par des règlements et sans effusion de sang". Même si cela peut prendre "énormément de temps" et exiger le versement de rançons importantes, les bateaux sont assurés, a-t-il fait valoir, indiquant que les familles, "légitimement inquiètes", seraient reçues mardi.

Le gouverneur de la région somalienne de Bari, d'où les pirates lancent en général leurs raids, s'est déclaré pour sa part favorable à une "attaque de navires de guerre français et américains" contre les ravisseurs. "Ils ont notre bénédiction", a assuré à le gouverneur Musa Ghelle Yusuf, joint au téléphone depuis Nairobi. "Je pense qu'il pourrait y avoir des morts pendant l'attaque, mais il est vital de tuer les pirates et d'en finir avec eux pour la paix dans les eaux somaliennes", a-t-il poursuivi. Le voilier français de croisière de luxe, propriété de l'armateur CMA-CGM, avait mouillé dimanche à quelques encablures de la localité de Garaad, au sud de la côte de la région somalienne du Puntland.

Selon un conseiller du président du Puntland il aurait appareillé lundi matin vers le sud, en direction de haradere, un des principaux repères de pirates, ce que n'a pas confirmé l'état-major des armées à Paris. Le Ponant est placé sous la surveillance étroite de l'aviso français Commandant Bouan, un navire de la marine nationale qui se tient en permanence en vue. La trentaine de membres d'équipage du yacht, dont 22 Français, était toujours à bord dans la matinée, a précisé l'état-major. Interrogé sur les moyens militaires déployés dans la zone, le commandant Christophe Prazuck, porte-parole de l'état-major, a indiqué que "des mesures de précaution sont prises, associant les spécialistes de ce type d'intervention, gendarmes du GIGN et commandos marine". "Mais, pour l'instant, nous sommes dans une phase de négociations", a-t-il souligné.

Le plan Pirate-mer fait l'objet d'exercices réguliers qui associent les gendarmes du GIGN aux commandos Jaubert et Hubert, deux des unités des commandos marine. Les côtés somaliennes sont considérées comme une des régions les plus dangereuses pour la navigation. La Somalie est ravagée par la guerre civile depuis la chute du président Mohamed Siad Barre en 1991. Son gouvernement de transition, soutenu par l'Ethiopie, contrôle peu du pays et combat régulièrement des milices islamistes que les Etats-Unis accusent d'être liées à Al-Qaïda. (afp)

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