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Libération de 4 étrangers inculpés de journalisme illégal au Zimbabwe

Quatre étrangers - un Américain, un Britannique et deux Sud-Africains détenus depuis plusieurs jours au Zimbabwe - ont été inculpés lundi pour exercice de la profession de journaliste sans accréditation et remis en liberté sous caution par un tribunal de Harare.

Le correspondant américain du quotidien New York Times, Barry Bearak, 58 ans, et un Britannique âgé de 45 ans ont été "remis en liberté contre une caution de 300 millions de dollars zimbabwéens" (10.000 USD au taux officiel, 69 USD au marché noir), a déclaré leur avocat, Me Harrison Nkomo. Les deux hommes, arrêtés jeudi dans un petit hôtel de la capitale zimbabwéenne, ont été inculpés pour "couverture des élections générales du 29 mars sans accréditation".

Barry Bearak, qui avait reçu le prix Pulitzer pour des articles sur l'Afghanistan en 2002, a reçu l'ordre de demeurer dans une clinique où il a été admis "pour des blessures au dos après une mauvaise chute", a précisé Me Nkomo à la sortie du palais de justice. Le Britannique doit pour sa part rester à l'ambassade du Royaume-Uni. Les deux hommes doivent à nouveau comparaître devant le juge jeudi. Lors d'une autre audience, le tribunal a également inculpé pour "journalisme sans accréditation" deux techniciens sud-africains, dont le métier consiste à installer des équipements satellite pouvant servir à transmettre des images télévisées, a indiqué leur employeur.

Sipho Maseko et Abdulla Gaibee ont aussi été inculpés pour "entrave à la justice", parce qu'ils auraient "comploté avec leurs avocats" pour obtenir l'abandon des poursuites. "Le tribunal a ordonné leur remise en liberté contre une caution de 200 millions de dollars zimbabwéens chacun", a ajouté Alan Hird, pdg de la société GlobeCast. "Nous ne travaillions pas pour un groupe télévisé. Nous installons des équipements et les chaînes peuvent s'en servir", a-t-il expliqué, en répétant que les deux hommes ne sont pas des journalistes. Les deux Sud-Africains avaient été arrêtés deux jours avant le scrutin et ont passé plus de dix jours en détention. Ils doivent à nouveau comparaître mardi et vendredi devant le tribunal.

L'un d'eux, un diabétique, avait dû être hospitalisé parce que son taux de glycémie était devenu alarmant, a rappelé leur employeur. "Il devrait retourner à l'hôpital pour un suivi". Les autorités zimbabwéennes ont refusé de délivrer des accréditations à la plupart des étrangers qui désiraient couvrir ce scrutin décisif pour le président Robert Mugabe, 84 ans, au pouvoir depuis l'indépendance de l'ex Rhodésie britannique en 1980.

Avant les élections, le gouvernement avait averti qu'il se montrerait sévère envers les contrevenants. Il avait accusé les reporters d'être des espions au service de l'Occident qui, dans la rhétorique du pouvoir, cherche à renverser Mugabe. Le ministre de l'Information Sikhanyiso Ndlovu avait affirmé que certains médias avaient installé des "dispositifs d'espionnage par internet dans notre pays". Et de lancer: "le gouvernement n'accueillera pas aimablement cette propagande impérialiste! " (belga)

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