Jacques Barrot
La Commission européenne a reproché mardi à la Turquie de ne pas reprendre les immigrés clandestins qui sont passés par son territoire pour accéder à celui de l'Union européenne.
"Nous avons un dialogue continu sur ces questions avec les autorités turques, mais pour l'instant nous n'avons pas obtenu de résultat satisfaisant", a indiqué mardi le porte-parole du commissaire européen intérimaire en charge de la Justice, le Français Jacques Barrot.
"Ce problème doit être résolu", a-t-il plaidé à l'adresse des autorités turques. Aux confins orientaux de l'Union, la Turquie voit passer chaque années des milliers de candidats à l'immigration en provenance d'Asie, du Caucase, du Proche-Orient, mais aussi d'Afrique, lesquels rejoignent ensuite la Grèce, premier pays européen sur leur trajet.
Athènes est elle-même sous le feu de critiques pour le traitement qu'elle réserve à ces étrangers. Le Conseil européen des réfugiés, une organisation non-gouvenementale, vient d'ailleurs d'adresser une lettre ouverte à tous les Etats membres de l'UE, ainsi que la Commission européenne, pour leur demander de ne plus renvoyer vers la Grèce les illégaux qui auraient été interpellés sur leur territoire.
La réglementation européenne prévoit en effet qu'un illégal trouvé dans un pays européen doit être renvoyé vers le pays par où il est entré dans l'Union. Or la Grèce est régulièrement dénoncée pour mauvais traitements, mauvaises conditions d'accueil et blocages dans l'examen des demandes d'asile.
Préoccupés par cette situation, la Norvège et la Suède ont décidé de suspendre les renvois en Grèce de demandeurs d'asile entrés par ce pays."La Grèce est confrontée à une situation difficile. Comme Chypre, Malte, l'Italie et l'Espagne, elle connaît un énorme afflux d'immigrants et de demandeurs d'asile", a souligné le porte-parole de la Commission européenne.
"Il est important de soutenir la Grèce pour l'accueil et pour l'examen des demandes d'asile", a-t-il affirmé. "La Commission européenne va publier en juin 2008 un document qui fera un tour d'horizon de la situation" du droit d'asile dans l'Union européenne, a-t-il annoncé.
"Des propositions législatives pourront être envisagées par la suite afin d'instituer des conditions égales entre les Etats membres et éviter les facteurs qui attirent certains demandeurs d'asile", a-t-il précisé.


