Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a évoqué mardi l'éventualité de "renforcer" les sanctions contre l'Iran si Téhéran continue de ne pas répondre aux demandes de la communauté internationale sur son programme nucléaire.
"Je crains qu'il ne faille continuer sur le chemin des sanctions s'il n'y a pas de réponse des Iraniens" aux demandes de la communauté internationale, a dit M. Kouchner lors d'un point de presse. "Si ça continue, il faudra renforcer ces sanctions, mais en même temps dialoguer" avec Téhéran, a ajouté le chef de la diplomatie française.
L'Iran a annoncé mardi se préparer à installer 6.000 nouvelles centrifugeuses d'enrichissement de l'uranium dans son usine de Natanz (centre). M. Kouchner a estimé que cette déclaration était "le prolongement d'une situation extrêmement difficile et dangereuse".
Le Conseil de sécurité a adopté début mars une résolution renforçant les sanctions contre l'Iran pour obtenir qu'il suspende l'enrichissement d'uranium et élargisse sa coopération avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Les six grandes puissances (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne, Allemagne) impliquées dans les négociations sur le programme nucléaire iranien doivent se réunir à nouveau à la mi-avril pour discuter de leur stratégie face à Téhéran.
A Londres, le gouvernement britannique a déploré mardi l'annonce iranienne qui "ignore les souhaits de la communauté internationale". Cette attitude "démontre que l'Iran ne fait pas d'efforts pour restaurer la confiance internationale envers ses intentions", a souligné le Foreign office.
Depuis Vienne l'ambassadeur américain auprès de l'AIEA Gregory Schulte a dénoncé "une intention claire de continuer à violer les injonctions du Conseil de sécurité". M. Kouchner a laissé entendre que des désaccords avec Washington existaient sur la nécessité de dialoguer avec Téhéran, mais a souligné que cela n'empêcherait pas un durcissement de la position internationale si nécessaire.
"Nous ne sommes pas d'accord encore une fois sur cette affaire avec les Américains. Nous, nous essayons de parler, d'autres pays essayent de parler" avec l'Iran, a-t-il dit. "Mais cela ne veut pas dire qu'il n'y aura pas d'autres sanctions supplémentaires, au contraire", a ajouté le chef de la diplomatie française.


