Le leader radical chiite irakien Moqtada Sadr a menacé mardi de mettre fin à la trêve des opérations de sa milice de l'armée du Mahdi, en vigueur depuis fin août 2007, selon un communiqué.
"L'armée du Mahdi travaille main dans la main avec le peuple irakien pour la sécurité, la stabilité et la libération" du pays, a déclaré Moqtada Sadr dans un communiqué rendu public dans la ville sainte chiite de Najaf (sud). "S'il est dans l'intérêt de mettre fin au cessez-le-feu pour atteindre nos objectifs, alors ce sera annoncé dans un prochain communiqué", menace le chef chiite. Des combats ont opposé toute la nuit militaires américains et miliciens chiites à Bagdad dans la banlieue chiite de Sadr City, où les affrontements se sont intensifiés mardi matin.
Les troupes américaines ont tenté de progresser pendant la nuit et avancer plus en profondeur dans l'immense banlieue populaire de Sadr City, bastion des miliciens du leader radical Moqtada Sadr, dans le nord-est de la capitale irakienne. Des échanges de tirs ont débuté à partir de minuit et ont duré toute la nuit, s'intensifiant même au petit matin. Les miliciens de l'armée du Mahdi, la milice de Moqtada Sadr, ont placé de nombreux engins piégés qui ralentissent la progression des troupes américaines et des forces gouvernementales irakiennes, limitée aux grandes avenues du quartier.
Depuis les petites rues voisines, les combattants de l'armée du Mahdi harcèlent les soldats américains dans des embuscades à l'arme légère et au lance-roquette RPG-7. Les combats se concentrent pour l'instant dans la partie sud de Sadr City, près de l'entrée du quartier, toujours totalement bouclé par les troupes américaines et les forces de sécurité irakiennes. De nombreux snipers américains ont pris position dans et autour de la zone des combats, y interdisant tout mouvement aux populations civiles, alors que tout Sadr City était survolé par des hélicoptères américains Apache.
Des explosions d'origine indéterminée ont par ailleurs été entendues toute la nuit depuis le centre de Bagdad, survolée régulièrement par les hélicoptères et des avions de chasse. Soutenu par Washington, le gouvernement du Premier ministre Nouri Al-Maliki est engagé depuis fin mars dans un bras de fer avec Moqtada Sadr et sa milice de l'armée du Mahdi. De violents combats ont opposé du 25 au 30 mars, dans les principales agglomérations chiites du pays, les miliciens de Moqtada Sadr aux forces régulières irakiennes appuyées par l'armée américaine.
Ces affrontements, qui ont fait plus de 700 morts selon l'ONU, ont été particulièrement violents dans le grand port pétrolier de Bassorah (sud), ainsi qu'à Bagdad, dans la banlieue de Sadr City. Après une semaine de relative accalmie, les combats ont repris dimanche à Sadr City, où neuf personnes ont été tuées et 65 blessées lundi dans des accrochages sporadiques, selon des sources médicales.
Ce quartier de deux millions d'habitants, privé d'électricité, bouclé par les forces irakiennes depuis près de deux semaines et dont l'un des principaux marchés a été détruit dimanche par un incendie, commence à souffrir de graves difficultés d'approvisionnement en nourriture et en eau, selon ses habitants.


