Zapatero veut combattre l'ETA et relancer l'économie

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Par: rédaction
8/04/08 - 15h29

Le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero a proposé mardi un pacte anti-ETA unitaire et un ensemble de mesures pour amortir le brusque ralentissement économique de l'Espagne, lors de son discours d'investiture avant un nouveau mandat de quatre ans.

Pendant une intervention d'une heure et quart en grande partie consacrée aux défis économiques, M. Zapatero a sollicité la confiance des députés, disant vouloir incarner un pays "uni et divers, prospère et décent, engagé en faveur de la paix, de la lutte contre le changement climatique et la pauvreté". Le débat d'investiture devait se prolonger dans l'après-midi avec l'intervention des partis d'opposition, puis reprendre mercredi matin, avant un premier vote des députés.

M. Zapatero, dont le Parti socialiste (PSOE) a remporté les législatives du 9 mars avec une confortable majorité relative de 169 députés sur 350, ne devrait pas obtenir la majorité absolue dès le premier tour de vote, en raison de l'absention probable des nationalistes catalans et basques.

Si cela se confirme, il sera malgré tout investi chef du gouvernement à la majorité relative, lors d'un second tour de vote prévu vendredi.
Evoquant la menace persistante de l'organisation indépendantiste basque ETA, le dirigeant socialiste a appelé de ses voeux une "stratégie anti-terroriste partagée par tous les groupes parlementaires".

M. Zapatero a insisté pour retrouver un consensus politique en matière de lutte anti-ETA après une législature marquée par une confrontation quasi permanente avec l'opposition de droite, en particulier au sujet de la tentative avortée de négociation avec l'organisation basque en 2006.

Il n'a pas promis explicitement d'exclure tout nouveau dialogue avec le groupe armé, comme l'exige la droite, mais a relevé que l'ETA avait "gâché" sa chance. "L'ETA n'a plus qu'une seule destinée, mettre fin à sa barbarie de manière définitive et inconditionnelle", a-t-il souligné. M. Zapatero a rendu hommage aux cinq victimes de l'ETA durant la législature passée (2004-2008), en particulier à l'ex-élu socialiste basque Isaias Carrasco abattu deux jours avant les législatives du 9 mars.

Mais ce sont les remèdes au brusque ralentissement économique que connaît actuellement l'Espagne, après une décennie d'euphorie, qu'il a placés au coeur de l'action de son second mandat. "La crise aux Etats-Unis, les difficultés des marchés financiers et la hausse des prix du pétrole et de certains produits alimentaires, qui s'ajoutent en Espagne aux difficultés du secteur de la construction" feront "que le signe du début de cette législature sera moins positif qu'à la fin de la législature passée", a admis M. Zapatero.

"Mais après cette parenthèse transitoire, nous retrouverons les niveaux de la législature passée", a-t-il assuré. M. Zapatero a annoncé une série de mesures "immédiates" pour relancer la consommation et atténuer la crise du BTP: remise fiscale de 400 euros par contribuable, accélération de grands travaux d'infrastructures, construction de 1,5 million de logements sociaux et de 300.000 places de crèches.

Malgré ce ralentissement, "nous ne sacrifierons pas nos politiques sociales", a-t-il souligné, maintenant sa promesse d'augmenter les retraites et salaires minimums en puisant dans les importants excédents budgétaires accumulés ces dernières années.

Le dirigeant socialiste a par ailleurs promis de mettre en chantier une grande loi pour lutter contre tout type de discrimination, et de renforcer les mesures déjà en vigueur contre les violences conjugales.
Il s'est enfin engagé à continuer à promouvoir une "immigration légale et ordonnée", soulignant que l'Afrique subsaharienne serait le "nouvel axe" de sa politique extérieure.

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