Deux Israéliens et cinq Palestiniens, dont deux combattants, ont été tués mercredi dans une opération commando de groupes armés infiltrés en Israël depuis Gaza et des ripostes de l'armée contre ce territoire.
Israël a tenu le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza depuis la mi-juin, pour "responsable" et indiqué qu'il saurait "se défendre". Mardi, un haut responsable du Hamas, Khalil al-Hayya, avait menacé de prendre d'assaut les points de passage de la bande de Gaza si Israël ne levait pas le blocus de ce territoire frontalier de l'Egypte et d'Israël.
Conséquence de ces menaces, Le Caire a placé mercredi ses forces de sécurité en état d'alerte à sa frontière avec la bande de Gaza, prévenant qu'elle ne tolérerait aucune violation de son territoire, deux mois après le passage de centaines de milliers de Palestiniens en Egypte via des brèches dans la clôture frontalière.
Attaques
Couverts par une quinzaine de tirs de mortiers, plusieurs combattants palestiniens appartenant à trois groupes différents ont attaqué mercredi le terminal de Nahal Oz, entre le nord de la bande de Gaza et Israël, avec l'objectif d'enlever des soldats. "Plusieurs hommes armés se sont infiltrés dans le sud d'Israël à travers la barrière de sécurité à Nahal Oz et ont ouvert le feu contre un kibbutz et le terminal voisin qui fournit Gaza en fioul", a affirmé l'armée israélienne.
"Deux civils israéliens ont été tués par les Palestiniens et deux autres blessés", a ajouté l'armée, soulignant qu'elle avait abattu deux des assaillants. Les autres ont pris la fuite vers Gaza à bord d'un véhicule et "plusieurs d'entre eux ont été atteints dans un raid aérien", a ajouté l'armée. Selon des sources médicales palestiniennes, trois des membres du véhicule ont été blessés dont un grièvement.
Civils
Lors de l'attaque, plusieurs explosions ont été entendues dans le secteur, suivies par d'intenses combats entre activistes palestiniens et forces israéliennes, selon des témoins palestiniens. Peu après l'attaque commando, l'armée israélienne a procédé à un tir d'artillerie contre une maison, dans le secteur du terminal de Nahal Oz, tuant trois personnes, dont un adolescent de 15 ans, et en blessant trois autres. Les victimes sont toutes des civils, a-t-on indiqué.
Le point de passage de Nahal Oz sert aux livraisons de carburants destinés à la bande de Gaza. Le Jihad islamique et deux autres groupes armés, les Comités de la résistance populaire (CRP) et les brigades des Moudjahidine, ont revendiqué l'attaque dans un communiqué. "L'opération martyre lancée, appelée Opération briser le siège (...), avait pour objectif d'enlever des soldats sionistes", a affirmé le porte-parole des CRP.
Renvoi de balle
Le porte-parole du Jihad islamique a assuré que l'attaque intervenait après la mort d'un autre soldat israélien, tué à l'aube dans le sud de la bande de Gaza, et serait suivie par "d'autres pour répondre aux agressions israéliennes". Mercredi avant l'aube, un soldat israélien et un combattant palestinien du Hamas avaient été tués lors d'un accrochage dans le sud de la bande de Gaza.
"Israël tient le Hamas qui contrôle la bande de Gaza pour responsable de cette attaque au terminal pétrolier de Nahal Oz (...) et en paiera les conséquences", a affirmé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Arieh Mekel. "Israël saura comment se défendre et agira contre les organisations terroristes. Au même moment, il continuera à fournir aux habitants de Gaza les produits nécessaires pour prévenir une crise humanitaire", a-t-il ajouté.
"La réalité est que le Hamas utilise son agenda extrémiste pour prendre en otage la population civile en Israël et à Gaza", a déclaré Mark Regev, porte-parole de la présidence du Conseil israélienne. "Le fait que le Hamas prend délibérément pour cible le principal point de passage servant à la livraison de carburant à la bande de Gaza pour tuer des gens et entrainer une fermeture du terminal, montre clairement que le Hamas ne se soucie pas du sort de la population de Gaza."


