Le témoin à charge dans l'enquête sur l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, Mohammad Saïd Assadiq, porté disparu en France où il vivait depuis 2005, a affirmé se cacher quelque part en Europe, rapporte jeudi un journal koweïtien.
Le quotidien Al-Seyassah affirme avoir reçu un appel téléphonique d'Assadiq au cours duquel il dit: "Je me cache en un lieu tenu secret, proche du territoire français et du tribunal international, et je suis en bonne santé". "Je suis toujours en Europe", ajoute Assadiq, indiquant qu'il se cachait pour sauver sa vie.
Caché
Il affirme avoir envoyé plusieurs lettres au Tribunal international formé pour statuer sur l'affaire de l'assassinat de Hariri et basé à La Haye ainsi qu'à la justice libanaise pour les informer qu'il risquait sa vie après avoir été la cible de trois tentatives d'assassinat, toujours selon Al-Seyassah.
Transfuge syrien, Mohammad Saïd Assadiq, qui résidait en France depuis l'été 2005, a quitté son domicile il y a près d'un mois, a annoncé mercredi le ministère français des Affaires étrangères. Sous le coup d'un mandat d'arrêt international, il avait été arrêté en 2005 en banlieue parisienne, dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat de M. Hariri le 14 février 2005.
Syrie
Il n'était, selon des sources policières françaises, soumis à "aucun contrôle judiciaire" et "n'était pas assigné à résidence", pouvant aller et venir sans avoir à en informer quiconque. La justice libanaise veut entendre cet ancien officier des services de renseignement syriens, qui intéresse également la commission d'enquête internationale sur l'assassinat de Hariri.
M. Assadiq avait affirmé que l'ancien président libanais Emile Lahoud et le président syrien Bachar al-Assad avaient donné l'ordre de commettre ce crime. La France avait refusé son extradition en raison de l'absence de garantie de non application de la peine de mort à l'intéressé.


