Les femmes majoritaires dans le nouveau gouvernement espagnol
Carme Chacon est devenue la première femme ministre de la Défense de l'histoire de l'Espagne.
Elle fait partie des neuf femmes, contre huit hommes, composant l'équipe annoncée ce samedi par le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero.
Le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero a dévoilé ce samedi son nouveau gouvernement comprenant davantage de femmes que d'hommes pour la première fois en Espagne, avec en outre une femme au ministère de la Défense.
Investi vendredi à la tête du gouvernement après la victoire de son parti aux législatives, M. Zapatero a fixé trois "grandes priorités" à sa nouvelle équipe: "croissance économique avec davantage d'innovation", "affronter le changement climatique" et conforter "l'égalité entre hommes et femmes".
Poids lourds reconduitsPour entamer son second mandat de 4 ans, il a reconduit les poids lourds de son précédent gouvernement, notamment la vice-présidente et porte-parole Maria Teresa Fernandez de la Vega et le vice-président chargé de l'économie Pedro Solbes. Ce dernier sera assisté de Miguel Sebastian, ancien conseiller économique de M. Zapatero, nommé à l'Industrie, au Commerce et au Tourisme, pour affronter le net ralentissement économique espagnol, enjeu crucial des prochains mois.
Présidence européenne en vueMiguel Angel Moratinos demeure à la tête de la diplomatie espagnole, où il préparera la présidence espagnole de l'Union européenne au premier semestre 2010 et s'efforcera de réchauffer les relations avec Washington.
Lutte contre l'ETAAlfredo Perez Rubalcaba, en dépit de ses réticences, conserve le poste sensible de ministre de l'Intérieur, où il mène notamment la lutte contre l'organisation séparatiste basque armée ETA. La négociation manquée avec l'ETA a terni le premier mandat de M. Zapatero, qui recherche maintenant un accord avec le Parti Populaire d'opposition (droite), "pour en finir" avec l'organisation armée, jugée responsable de plus de 800 morts en 40 ans de violences.
Première femme à la DéfenseCarme Chacon, étoile montante du Parti socialiste en Catalogne, est devenue à seulement 37 ans la première femme ministre de la Défense de l'histoire de l'Espagne, une des surprises de ce gouvernement. Elle fait partie des neuf femmes, contre huit hommes, composant l'équipe annoncée ce samedi par M. Zapatero, après sa prestation de serment devant le roi Juan Carlos.
Après parité, majorité
Ses précédentes équipes étaient strictement paritaires (8 femmes et 8 hommes). A l'issue d'un premier mandat marqué par d'importantes réformes sociales, M. Zapatero, 47 ans, a clairement affiché son intention de poursuivre dans cette voie, en mettant l'accent sur l'égalité hommes/femmes et la lutte contre la violence conjugale.
4 départs, 5 arrivéesCe gouvernement, à la fois rajeuni et marquant une certaine continuité, voit l'arrivée de cinq nouveaux ministres et le départ de quatre titulaires de l'équipe sortante, dont le ministre du Travail et des Affaires sociales Jesus Caldera, un proche de M. Zapatero, appelé à d'autres tâches politiques. Parmi les autres nouveaux ministres, figure Celestino Corbacho au Travail et à l'Immigration. Deux ministres pourtant contestés conservent leur postes: Mariano Fernandez Bermejo à la justice et Magdalena Alvarez aux Transports et Infrastructures.
Ministère de l'EgalitéParmi les nouveautés figurent un ministère de l'Egalité, attribué l'Andalouse Bibiana Aido, 31 ans, la plus jeune ministre jamais nommée en Espagne, selon M. Zapatero, et un ministère des Sciences et de l'Innovation, confié la Basque Cristina Garmendia, 45 ans. Le ministère de l'Agriculture est transformé par M. Zapatero en "grand ministère" de l'Environnement et du Milieu rural et marin, dirigé par Elena Espinosa, afin de piloter la lutte contre le changement climatique.
Le nouveau gouvernement va prêter serment et participer au premier conseil des ministres lundi. M. Zapatero a déjà annoncé un paquet de mesures volontaristes, puisant dans les excédents budgétaires accumulés sous son premier mandat, pour amortir le choc du ralentissement économique, sans sacrifier son "plan de cohésion sociale". (belga/7sur7)