Le gouvernement irakien a négocié secrètement un contrat d'armement avec la Serbie pour 833 millions de dollars, afin d'éviter les clauses anti-corruption qui existent dans le cas d'un contrat avec les Etats-Unis, révèle samedi le New York Times sur son site.
Cet accord entre l'Irak et la Serbie a été conclu en septembre 2007 par une délégation de 22 hauts responsables irakiens et cela à l'insu des responsables militaires américains en Irak.
L'accord négocié en grande partie par le ministre irakien de la Défense Abdul Qadir et celui de la planification Ali Glahil Baban portait sur un nombre important de pièces détachées d'hélicoptères, d'avions, de pièces de mortiers, de mitrailleuses ainsi que d'autres équipements. Selon le New York Times, cet accord a attiré des critiques de la part de responsables irakiens au point que le montant initial a finalement été limité à 236 millions de dollars.
Par ailleurs, selon des responsables militaires américains, les équipements vendus se sont révélés de mauvaise qualité ou bien inadaptés pour les missions de l'armée irakienne. Selon le Times, cet accord signé avec la Serbie a souligné les problèmes d'équipement de l'armée irakienne, longtemps marqués par la corruption et l'inefficacité.
Le gouvernement irakien, sous l'impulsion de M. Qadir a supprimé le comité national des contrats, une instance chargée d'examiner tous les achats gouvernementaux supérieurs à 50 millions de dollars, note le journal.
Le Premier ministre irakien Nouri Al-Maliki a également passé outre après que le comité économique suprême eut exprimé des inquiétudes sur le manque de garanties du contrat Serbe. Selon un responsable occidental non identifié cité par le journal, la signature de ce contrat "peut s'expliquer de deux façons seulement: une volonté d'éviter la surveillance et une volonté de favoriser les pots-de-vins et la corruption". (belga)


