Berlusconi a la majorité absolue au Sénat

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Par: rédaction
14/04/08 - 16h49
MISE À JOUR

La droite italienne dirigée par le milliardaire Silvio Berlusconi a largement remporté les élections législatives, en obtenant la majorité absolue au Sénat et à la Chambre des députés, selon les projections des instituts de sondage lundi et les premiers résultats partiels.

D'après les résultats du ministère de l'Intérieur portant sur environ 20% des bureaux de vote, la coalition de droite dirigée par M. Berlusconi obtient 45,47% des voix au Sénat contre 40,16% au centre gauche de Walter Veltroni, l'ex-maire de Rome. Selon une projection en sièges de l'Institut Piepoli, la droite a obtenu la majorité absolue au Sénat - 164 sur 315 - enjeu crucial du scrutin qui s'est déroulé dimanche et lundi, car le contrôle de cette chambre est indispensable pour gouverner. La droite est également donnée gagnante de 8,8 points à la Chambre des députés, selon l'institut Ipsos pour Mediaset.

Silvio Berlusconi a exprimé sa "profonde satisfaction" lors d'une conversation avec son principal allié Gianfranco Fini, selon l'agence Ansa. M. Veltroni a reconnu sa défaite, estimant que le résultat était "clair". Ce sera la troisième fois que M. Berlusconi, 71 ans, accèdera au pouvoir. En avril 2006, après un mandat de cinq ans et un bilan controversé, le magnat des médias avait été battu par son vieil adversaire de gauche Romano Prodi. Pour son premier scrutin national, l'ex-maire de Rome, Walter Veltroni, 52 ans, a rassemblé, selon les projections, environ 33% des voix au Sénat, alors qu'il portait le lourd héritage des 20 mois du gouvernement Prodi qui a battu des records d'impopularité et dont l'image a été ternie par la crise des déchets à Naples.

"Il s'agit d'un résultat moyen, Veltroni espérait mieux", estime le politologue Stefano Folli. Rompant avec les grandes coalitions hétéroclites de gauche, le PD est né de la fusion à l'automne dernier des ex-communistes et des catholiques de gauche et s'est présenté seul aux élections. La Ligue du nord (régionaliste, anti-immigrés et anti-européen) devrait réaliser un score bien meilleur qu'en 2006 en recueillant 8,3% des voix au Sénat, selon les projections d'Ipsos, contre 4,5% aux dernières législatives. Le chef de la Ligue Umberto Bossi, qui avait récemment menacé de "prendre les fusils contre la canaille romaine", a cherché à rassurer lundi soir: "Berlusconi est un ami. Nous avons respecté notre parole, il ne sera jamais otage (de la Ligue)".

L'Italie des valeurs (Idv) de l'ancien juge anti-corruption Antonio Di Pietro (2,3% en 2006), une formation alliée au PD au sein de la coalition de centre-gauche, obtiendrait environ 4,1% des voix au Sénat, selon Ipsos. "La Ligue et l'Idv ont des positions populistes, proches de l'anti-politique. Au lieu de s'abstenir, certains électeurs les ont préférés aux grands partis", souligne Marco Tarchi, professeur de sciences politiques à Florence. Ces élections ont été précédées par une montée de l'"anti-politique", illustrée par les succès rencontrés par le comique Beppe Grillo et le livre "La caste" qui dénonce les privilèges des élus.

Par rapport aux dernières législatives de 2006, la participation a baissé de 3,5 points à un peu plus de 80%, selon le ministère de l'Intérieur. Selon les projections, la Gauche arc-en-ciel (communistes et Verts) a été laminée, ne recueillant qu'environ 3,5% des voix au Sénat contre 11,5% en 2006. "Elle s'est effondrée car son électorat a été très déçu par son attitude trop critique envers le gouvernement Prodi", selon M. Tarchi. Son leader, ancien président de la Chambre, le communiste Fausto Bertinotti, a démissionné lundi soir. Pendant la campagne, M. Berlusconi s'est bien gardé de faire des promesses inconsidérées alors que l'Italie est en panne de croissance.

C'est la deuxième fois que les Italiens retournent aux urnes en l'espace de deux ans pour des législatives. Ces élections anticipées ont été provoquées par la chute fin janvier du gouvernement Prodi.(belga)

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