Un nouveau logiciel de la police française, qui permettra d'entrer dans les fichiers d'enquête des données telles que "homosexuel" ou "permanent syndical", suscite mardi un tollé parmi des associations et syndicats qui redoutent des "dérives".
Le logiciel "Ardoise" met en évidence un certain nombre de données et de profils, classés par rubriques et destinés, selon ses concepteurs, à "cerner" la victime ou le présumé auteur des faits. Ce sont ces rubriques qui ont suscité un tollé: le policier est invité à cliquer par exemple sur "mineur en fugue", "sans domicile fixe", "personne âgée", "permanent syndical", "membre d'une secte", "transsexuel" ou "homosexuel".
Lundi, le Collectif contre l'homophobie a indiqué avoir saisi la Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde) et la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil), jugeant le logiciel litigieux.
Selon ce collectif, il permettrait de rentrer des renseignements personnels sur toute personne ayant un contact avec la police dans une procédure, qu'elle soit "entendue comme victime, témoin ou auteur". Le Collectif contre l'homophobie s'est ainsi déclaré "particulièrement inquiet" face "au risque de constitution de fichiers catégoriels que ce logiciel pourrait permettre", s'inquiétant de "dérives".
Alliance (second syndicat de gardiens de la paix), réputé à droite, a "exigé" mardi que le nouveau logiciel police "soit amélioré" et en a appelé au ministre de l'Intérieur. Pour le syndicat, le logiciel "ne doit pas remettre en cause les droits fondamentaux des personnes" et "mettre en porte-à-faux les policiers".
La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a elle affirmé mardi que ce logiciel ne présentait "aucun risque d'attenter à quelque liberté que ce soit". (belga)


